Le Burkina Faso veut renforcer sa production agricole
17 février 2026
Le Burkina Faso et les Nations unies ont signé, le 6 février, un engagement pour la recherche de financements pour mettre sur pied trois programmes dits "transformateurs" dans le secteur de l'agriculture. D'un montant de plus de 850 milliards de francs CFA, soit environ 1,5 milliard de dollars, ces programmes visent principalement à aider le pays à atteindre l'autosuffisance alimentaire, par le renforcement de sa production agricole.
Ainsi, aux abords du barrage de Boulmiougou, à l'ouest de Ouagadougou, des maraîchers s'activent. Une quinzaine de producteurs exploitent ces périmètres irrigués.
Parmi eux, Alidou Kaboré, qui explique bientôt récolter des radis chinois. "C'est une première pour nous, assure-t-il. Sinon, ici, nous produisons de la tomate, des oignons, de la fraise, de la laitue et bien d'autres cultures. Pour certains produits, il faut trois mois, d'autres moins. Les motopompes tirent l'eau des puits et nous arrosons facilement le périmètre. Nous ne manquons pas d'eau, vu que le barrage est juste à côté."
Production de céréales en hausse
L'agriculture burkinabè affiche des résultats en progression. Lors de la campagne 2025-2026, la production céréalière a atteint sept millions de tonnes, soit une hausse de 8 % selon les chiffres officiels.
Pour consolider cette dynamique, trois programmes transformateurs ont été validés avec l'appui des Nations unies d'une valeur de plus de 850 milliards de francs CFA, soit 1,5 milliards de dollars.
Ils visent la souveraineté alimentaire, l'adaptation au changement climatique et le renforcement de la résilience, notamment dans les zones fragilisées par l'insécurité. Maurice Azonnankpo, coordonnateur par intérim des Nations unies au Burkina Faso, explique que "le travail conjoint que nous avons mené depuis 2024 a conduit à la validation de ces trois programmes transformateurs aujourd'hui. Ils témoignent une fois encore de la vitalité et de l'efficacité de ce partenariat, un partenariat axé sur un dialogue permanent, l'écoute, la transparence et le respect de la souveraineté du Burkina Faso et du peuple burkinabè."
Dans la région du Liptako, touchée par l'insécurité, ces financements sont particulièrement attendus.
Comme le raconte Amadou Dicko, leader associatif, "dans la région du Liptako, les jeunes et les femmes sont organisés et font du maraîchage, mais ils manquent de moyens. Ce financement peut servir à accompagner cette population résiliente qui, malgré la situation sécuritaire, a décidé de rester sur place et de pratiquer une activité pour subvenir à ses besoins."
Se préparer au changement climatique
Gérard Sanou, président de l'Union des producteurs de manioc et d'igname, préconise que les trois programmes ciblent en priorité les secteurs stratégiques au service de l'agriculture.
Selon lui, "de façon sectorielle, il y a la recherche agronomique, la maîtrise de l'eau, la mécanisation, l'industrialisation, les infrastructures, l'énergie et la formation. Il faut une très bonne synergie d'action entre les dirigeants et les acteurs de terrain afin que leurs recommandations soient prises en compte et qu'ils comprennent les choix stratégiques des dirigeants."
La mobilisation des financements sera assurée par les Nations unies et le gouvernement burkinabè, avec l'appui de partenaires publics et privés.
L'objectif est de renforcer la production agricole, relancer l'économie et stabiliser le Burkina Faso dans un contexte sécuritaire et climatique toujours fragile.