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Quelle place pour le fédéralisme au Cameroun?

Elisabeth Asen
12 février 2019

La fête de la jeunesse au Cameroun, le 11 février, coïncide avec l’anniversaire du référendum de 1961, lorsque les anglophones ont dû décider de leur rattachement au Cameroun ou au Nigeria.

Kamerun Präsidentschaftswahlen l Anhänger der MRC
Image : Getty Images/AFP/M. Longari

"Une poignée d'individus a confisqué les richesses du Cameroun" ( Maître Zacharie Ndengue)

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L'histoire raconte que le président Ahidjo a voulu effacer de la mémoire collective l'échec de ce référendum de 1961 dans l’ancien « Kamerun » allemand, qui avait vu une partie du territoire rattachée au Nigeria. Le Cameroun a misé sur le fédéralisme dès les premières années de son indépendance. Il a opté pour une république unie. Celle-ci sera consacrée plus tard, par voie référendaire : le 20 mai 1972.

Aujourd'hui, l'État a beaucoup de mal à se décentraliser. Pour Maître Zacharie Ndengue, le régime de Yaoundé s'est bunkerisé et a plongé l'ensemble du pays dans un vide dramatique. "Pourquoi la décentralisation n'a pas été implémentée au lendemain de son adoption ? On a un problème d'inertie, un problème de gouvernance. Ça ne va pas! Nous avons une poignée d'individus qui a confisqué toutes les richesses du Cameroun, c'est ça le problème fondamental," explique maitre Ndengue.


Une décentralisation qui peine à s'installer

23 ans après sa consécration par la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996, la décentralisation n'est pas encore effective et la crise anglophone actuelle est l'une de ses conséquences. La longue attente de la mise en œuvre des mécanismes de décentralisation, couplée à la longue durée des affrontements entre séparatistes et forces républicaines a considérablement plombé toute tentative de retour de paix.

Une plus grande autonomisation des régions ne peut être le fruit que d’une volonté politique forte, estime Valéry Njonkou, géopoliticien."Je pense qu'aujourd'hui, il est plus question de régionalisme dans cette partie du pays que de décentralisation, qui va s'arrêter uniquement au niveau des communes. Mais les anglophones voudraient s'autogérer. Si on a des présidents de régions, cela peut à un moment donné apaiser les tensions," conclut le géopoliticien.

Image : Getty Images/AFP/Seyllou

Toutefois, la création tardive du conseil régional et le parachèvement de la mise en œuvre de la décentralisation permettront aux collectivités territoriales de promouvoir la démocratie participative, la gouvernance et le développement local sur tous les plans.