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Le "oui, mais" au plan proposé par Donald Trump pour Gaza

6 octobre 2025

Le président américain a dévoilé un plan en vingt points censé stopper la guerre à Gaza. Les plus optimistes veulent y voir un possible retour à la paix. D'autres doutent de la clarté des termes de l'accord.

Un char israélien dans le sable, pendant une opération à Gaza (photo prise lors d'un reportage embarqué avec les IDSF) (4 octobre 2025)
La guerre dure depuis deux ans dans la bande de Gaza. Elle a fait des dizaines de milliers de morts et d'énormes destructionsImage : Jack Guez/POOL/AFP/Getty Images

Les pourparlers indirects de ce lundi, en Égypte, entre des représentants israéliens et des membres du Hamas, relancent les espoirs d’une issue prochaine de la guerre en cours depuis deux ans. 

Le président américain, Donald Trump, a indiqué qu’il comptait avec la signature, dès cette semaine, du plan en vingt points pour Gaza qu’il a présenté, il y a quelques jours, pour mettre fin aux hostilités entre le Hamas et Israël.  

Plusieurs dirigeants et des spécialistes de la région se montrent eux aussi optimistes. Mais avec certaines réserves, parfois.

Comment qualifier les exactions de l'armée israélienne

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Soutien de pays arabo-musulmans

L’Egypte, l’Arabie saoudite et les pays du Golfe notamment saluent l’initiative américaine, censée mettre un terme à deux années de guerre. Plusieurs de ces Etats proposent leur aide pour parvenir à la signature d’un accord.  

Même position du côté de la Turquie, l’un des pays qui critiquent le plus durement les opérations israéliennes dans la bande de Gaza, qu’Ankara qualifie de "génocide". 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, appelle les belligérants à saisir l’occasion. 

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, est lui aussi présent en Egypte. Il veut croire en la possibilité d’"un tournant" vers une "solution pérenne".  

Friedrich Merz, le chancelier, a eu hier Donald Trump et Benjamin Netanyahu au téléphone pour parler avec eux du plan de paix en discussion. Il l’a évoqué dans une interview accordée à la chaîne publique allemande ZDF (voir vidéo ci-dessous en allemand). 

"J'espère que cela aboutira, y déclare Friedrich Merz qui poursuit: Nous vivons actuellement des jours décisifs, peut-être seulement jusqu'à la fin de la semaine. Benjamin Netanyahu m'a assuré qu'il souhaitait s'en tenir à tous les points, mais il a également clairement indiqué que si le Hamas ne déposait pas les armes dès maintenant et ne libérait pas les otages, son armée mènerait sa mission à bien. Selon lui, la balle est désormais dans le camp du Hamas, […] Pour ce qui est de l’Allemagne, nous faisons tout notre possible pour instaurer une paix réelle au Moyen-Orient, pour mettre fin à ce conflit difficile et très grave. Le 7 octobre, cela fera deux ans. Ce serait un bon jour pour dire "Dieu merci, c'est fini". " 

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, soutient aussi l’initiative lancée par Donald Trump. Quant au président français, Emmanuel Macron, il estime que le mouvement terroriste palestinien du Hamas n’a pas d’autre choix que de libérer bientôt tous les otages qu’il détient. 

Des manifestations ont eu lieu en Israël contre la guerre à Gaza et pour la libération des otages détenus par le HamasImage : Eyal Warshavsky/SOPA Images/ZUMA/picture alliance

Le chef de la diplomatie israélienne, interrogé par la Bild-Zeitung, assure que son gouvernement est "décidé à obtenir le plus rapidement possible un accord qui permette aux otages [israéliens] de rentrer chez eux. Ce qui implique bien sûr un cessez-le-feu."  

En échange, Israël pourrait retirer ses troupes derrière une ligne encore à définir et libérer près de 2 000 prisonniers palestiniens, malgré les critiques de l’extrême-droite israélienne, notamment par la voix du ministre des Finances, Bezalel Smotrich.  

Dans l'attente de la réponse du Hamas

Néanmoins, plusieurs chercheurs spécialistes du Proche-Orient sont sceptiques, notamment sur la volonté du Hamas d’accepter un désarmement total et de renoncer au pouvoir dans la bande de Gaza.  

La politologue Muriel Asseburg, de la fondation SWP à Berlin, identifie certes une chance de libérer les otages israéliens et d’obtenir un cessez-le-feu, mais elle trouve les termes de l’accord encore trop vagues pour aboutir. Voici un extrait de ses propos chez nos confrères du Deutschlandfunk :

"Je pense que le Hamas ne va rien accepter qui puisse ressembler à une capitulation. Au mieux, on pourrait envisager la remise d’armes à une force armée palestinienne, ou du moins qui soit coordonnée par des Palestiniens, avec ce qu’ils appellent « un soutien islamo-arabe ». Mais même ça, on ne sait pas quelle ampleur cela pourrait avoir. Apparemment, le Hamas n’a pas encore pris sa décision finale." 

De son côté, le Hamas doit s’engager à désarmer et, en cas de soutien au plan de paix, ses militants pourraient bénéficier d’une amnistie et obtenir le droit de quitter la bande de Gaza.  

Le territoire serait alors provisoirement administré par un "conseil de paix" international. La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a indiqué que l'UE voulait en faire partie. A terme, la gestion de la bande de Gaza serait transférée à une version réformée de l’Autorité palestinienne.  

C’est en tout cas ce que proposent les Etats-Unis. 

Les militants de la flottille humanitaire pour Gaza dénoncent la brutalité des autorités israéliennesImage : Stefanos Rapanis/REUTERS

Gaza et la flottille humanitaire

Dans la journée, les bombardements israéliens ont continué dans le territoire palestinien.

Israël a expulsé 171 militants internationaux qui se trouvaient à bord de la flottille humanitaire pour Gaza. Parmi eux se trouvait la Suédoise Greta Thunberg et des ressortissants de plusieurs pays dont l'Allemagne. Les autorités israéliennes qualifient ces militants de "provocateurs" et les ont renvoyés vers la Grèce et la Slovaquie.

La flottille était forte à l'origine de 45 navires. Les près de 400 personnes à leur bord affirmaient vouloir apporter de  l'aide aux civils de la bande de Gaza. Ils dénoncent des mauvais traitements de la part des autorités israéliennes. Une quarantaine de ces militants ont entamé une grève de la faim en signe de protestation.

 

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