Réactions mitigées à l'élection d'Hamid Karzai
2 novembre 2009
Rappelons que le premier tour avait été entaché d'irrégularités massives. La France et l'Allemagne ont félicité le président Karzai, de même que le Premier ministre britannique. Mais c'est du bout des lèvres...
Il aura sans doute fallu tout le savoir faire du secrétaire général des Nations-unies, Ban Ki-moon - en visite surprise aujourd'hui à Kaboul - et des efforts diplomatiques intenses pour en arriver à cette solution. Le président de la commission électorale a d'ailleurs expliqué que cette décision avait deux raisons: d'une part épargner aux Afghans le coût et les risques d'un nouveau scrutin. Et d'autre part éviter les questions sur la légitimité de la présidence qui auraient été soulevées par une candidature unique. Il n'en reste pas moins qu'Hamid Karsai apparait désormais comme un président affaibli. Et d'intenses pressions s'exercent pour faire entrer le Dr. Abdullah - qui avait dénoncé les fraudes - au gouvernement.
Quant aux réactions, et bien elles sont prudentes. On écoute le nouveau chef de la diplomatie, Guido Westerwelle, en visite d'intronisation à Paris:
" Nous partons du principe que cette décision a été prise en conformité avec la constitution et la loi électorale afghane. Les défis pour le nouveau président sont immenses: reconstruction, sécurité, combat contre la corruption. Nous attendons qu'il s'en saisisse et qu'il rassemble les différentes factions de la société pour devenir le président de tous les Afghans."
La France - par la voix de Bernard Kouchner - a rappelé que Karsai devait conquérir le "coeur des Afghans". Les Etats-unis eux ont salué la victoire électorale de Karsai , qualifiée en l'occurence "d'historique". Pas moins. Pas question pour Barack Obama de laisser planer un doute sur la légitimité du président alors qu'il doit prendre une décision sur les renforts militaires en Afghanistan.