Réfugiés irakiens : Pro Asyl tire la sonnette d'alarme
13 avril 2007
Selon un récent sondage, presque un Irakien sur trois souhaiterait quitter son pays. Mais trouver un pays d’accueil se révèle souvent très difficile. On estime à environ deux millions le nombre de personnes qui ont fui l’Irak au cours des quatre dernières années, la plupart vers la Syrie ou la Jordanie voisines. Moins de 20 000 d’entre eux ont reçu l’asile dans des pays européens. Rien que l’année dernière, 2 000 Irakiens sont arrivés en Allemagne, mais seulement 189 ont obtenu le statut officiel de réfugié. L’association allemande Pro Asyl a donc appelé les pays européens à accueillir au moins 20 000 personnes supplémentaires venues d’Irak, dans le cadre d'un programme pour les plus démunis. Pour Hubert Heinold, vice-président de l'association Pro Asyl, Berlin devrait profiter de la présidence allemande de l’Union Européenne pour attirer l’attention sur le problème des réfugiés irakiens :
« L’Allemagne devrait mettre en place un contingent et accueillir des Irakiens. L’Allemagne devrait exercer son influence sur les autres pays européens pour que les réfugiés puissent venir en Europe et ne soient pas obligés d’aller vivoter en Syrie. »
L'association Pro Asyl ne critique pas seulement le fait que l’Europe refoule le flot de personnes ayant fui l’Irak, elle dénonce également les pratiques d’expulsion des pays européens. En Allemagne, 4 000 Irakiens se sont vus retirer leur statut de réfugiés l’année dernière. L’explication qu’ils ont reçue : avec la chute de Saddam Hussein, ils ne risquent plus de persécutions politiques dans leur pays. Une pratique que Hubert Heinold juge révoltante :
« Imaginez que vous recevez un papier qui vous dit que vous êtes obligé de quitter le pays, que vous êtes menacé d’expulsion. C’est absolument inacceptable quand on pense à tous les gens qui meurent chaque jour en Irak dans des attentats. L’expulsion représente une menace existentielle pour les réfugiés. »
Le Conseil européen des réfugiés et exilés rappelle de son côté que l'Europe a une responsabilité particulière face aux réfugiés irakiens, car certains pays ont fait partie de la coalition menée par les Etats-Unis qui a lancé l’intervention militaire en Irak il y a quatre ans.