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A Dakar, les étudiants retournent à la fac après les heurts

27 février 2026

Le campus social de l'UCAD a rouvert sous haute surveillance après deux semaines de fermeture.

Senegal Dakar | une banderole aux couleurs du drapeau sénégalais
Les manifestants ont exprimé leur ras-le-bol pendant plusieurs semaines à l'UCADImage : Sira Thierij/DW

Au Sénégal, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop ont commencé à revenir sur le campus social hier [26.02.26]. Celui-ci avait fermé le 10 février, après la mort d’Abdoulaye Ba, pendant un raid de la police qui cherchait à contrôler une manifestation étudiante.  

Les tensions restent fortes dans la capitale sénégalaise, mais le premier jour de réouverture s’est passé dans le calme.

Retour progressif des étudiants

Le parvis du campus des sciences sociales, le seul à avoir fermé depuis le drame, était sous haute surveillance policière, hier. Les étudiants sont arrivés au compte-goutte toute la journée, avec leurs valises ou des sacs plus ou moins grands.  

Ils sont globalement soulagés, comme Elhadji Ba, en troisième année d’économie qui raconte être "revenu pour reprendre le second semestre. Je suis content parce qu’imagine : nous avons fait plus de quatre ans et jusqu’à présent, nous n’avons même pas la licence. Il faut qu’on accélère les choses."

"J'en ai marre"

Les mouvements sociaux interrompent régulièrement les études à l’Ucad et certains étudiants s’impatientent. Khady Pouye est en Master 2 de commerce international et témoigne de sa lassitude:   

"J’en ai marre, trop marre même. Parce qu’à chaque fois, il y a des manifestations, à tout moment, vos études peuvent être perturbées. Imagine, en tant qu’étudiante en Master 2... Master 2, normalement, c’est cinq ans. Mais aujourd’hui, Master 2, c’est sept ans. Moi, j’ai fait sept ans, ici, pour obtenir un Master 2."

Alors, elle soutient la création d’un commissariat sur le campus, une idée émise par le Premier ministre Ousmane Sonko devant l’Assemblée, ce mardi, “parce qu’au campus, estime l'étudiante, il se passe beaucoup de choses, qu’on ne peut même pas expliquer. Donc avoir un commissariat à l’intérieur serait quelque chose de bien. “ 

Les étudiants sénégalais ont manifesté contre les violences policières en févrierImage : DW

Une violence arbitraire

Mais la violence policière est également dans tous les esprits, ce matin, devant l’université. Alassane Diop, étudiant en journalisme, revient avec son ventilateur sous le bras. "Ça m’inquiète vraiment, reconnaît-il. Mes camarades étaient dans leur chambre, ils n’étaient pas sortis le matin (le jour de l’intervention policière). Ils étaient restés dans leur chambre. On les a trouvés et on les a battus. Ils n’avaient rien fait, ils sont des victimes." 

S’il est content de reprendre les cours, il reste pessimiste, car les revendications des étudiants sur les bourses n’ont pas été exaucées : "On voit que la tension est toujours palpable. Donc je me dis que, voilà, le campus est ouvert, mais ce ne sera pas pour longtemps parce que la question n’est toujours pas réglée. Ça ne va pas me surprendre si on ferme encore le campus d’ici quelques mois."

Ses camarades blessés et toujours alités, eux, n’ont pas pu revenir en cours. 

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