Le racisme reste encore très ancré dans la société allemande
19 mars 2026
L'étude annuelle du DeZIM, le Centre allemand d'études des migrations et de l'intégration, permet de constater à quel point les représentations et préjugés racistes sont répandus parmi une part importante de la population.
Ainsi, près de la moitié de la population (48 %) en Allemagne, pense que certains groupes ethniques sont "de nature plus travailleurs" que d'autres. Aussi, 66 % des personnes interrogées affirment que certaines cultures sont "plus avancées et meilleures" que d'autres.
Comme le résume le rapport, "les idées reçues concernant des différences prétendument innées entre les groupes de population restent très répandues, bien qu'elles aient été réfutées scientifiquement".
"Un signal d'alarme"
Un quart des personnes noires expliquent ainsi être victime au moins une fois par mois de harcèlement, d'une insulte ou d'une agression à caractère raciste. Cette fréquence concerne aussi 17 % des musulmans interrogés.
Selon Ferda Ataman, qui est à la tête de l'Agence fédérale de lutte contre la discrimination (ADS), un organisme indépendant rattaché au ministère allemand de l'Éducation, "les conclusions de ce rapport constituent un signal d'alarme qui nous rappelle que nous devons lutter plus résolument contre le racisme. Les déclarations de bonne volonté en faveur de la diversité dans la société ne suffisent pas”.
Ferda Ataman appelle ainsi à "réformer en profondeur” la loi sur l'égalité de traitement.
Les victimes de discriminations gardent trop souvent le silence
En vertu de cette loi, en vigueur depuis 20 ans en Allemagne, la discrimination fondée sur les caractéristiques physiques est interdite. Le DeZIM avait déjà montré que malgré cette législation, les signalements d'actes discriminatoires et racistes sont rares.
Près d'une personne sur trois a confronté directement et ouvertement la personne qui l'a discriminée. Mais seules 3 % des victimes sont allées jusqu'à porter plainte.
L'étude du DeZIM observe ainsi une perte de confiance dans les autorités.
Il est à noter que le niveau de discrimination à caractère raciste est resté quasiment inchangé entre 2024 et 2025.
Malgré ce constat, la population ne semble pas être consciente du niveau de racisme répandu dans la société. Selon l'étude, une personne sur dix estime que "la discrimination à l'égard des membres de minorités ethniques ou religieuses n'est plus un problème en Allemagne”.
Quitter l'Allemagne
En janvier, le DeZIM avait rapporté qu'un tiers des personnes ayant immigré en Allemagne, ou dont les parents ont immigré, envisagent de quitter le pays.
Ce sont les personnes ayant des liens familiaux avec la Turquie, le Proche-Orient et l'Afrique du Nord qui ont le plus souvent déclaré avoir envisagé une telle possibilité.
Si, dans la plupart des cas, une recherche de meilleure qualité de vie en est l'explication, la discrimination joue également un rôle prédominant pour 18 % de migrants de première génération et 24 % de personnes dont les parents ont immigré en Allemagne.