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François Bozizé jugé par contumace : les victimes de Bossembélé réclament justice

03:22

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Jean-Fernand Koena
4 septembre 2026

Absent du tribunal au procès de l'affaire de Bossembélé, François Bozizé est jugé pour crimes de guerre. Les victimes exigent vérité et réparation.

La Cour pénale spéciale (CPS) de Centrafriquepoursuit le procès de l'ancien président François Bozizé dans le cadre de l'affaire dite de Bossembélé. L'ex-chef de l'État est poursuivi pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre commis entre 2009 et 2013.

Au cœur de cette procédure figurent notamment la disparition de l'opposant Charles Massi ainsi que les arrestations intervenues après l'incendie du supermarché Rayan en 2010. Plusieurs victimes ont livré leur témoignage devant la cour et dénoncé les conséquences durables de leur détention.

Des victimes marquées par des années de souffrance

Parmi les témoins entendus, Lin Maximin Crozon Cazin affirme avoir été arrêté après l'incendie du supermarché Rayan avant d'être détenu pendant près de deux ans à Bossembélé. Devant les juges, il a décrit des conditions de vie particulièrement difficiles et les répercussions de cette détention sur sa vie personnelle et professionnelle.

Comme d'autres parties civiles, il regrette l'absence de François Bozizé au procès et demande que justice soit rendue, notamment à travers des réparations pour les préjudices subis.

La défense conteste la solidité des témoignages

Commise d'office pour défendre l'ancien président, Me Edith Douzima Lawson souligne qu'elle n'a jamais pu s'entretenir avec son client, actuellement en exil en Guinée-Bissau. L'avocate estime que les témoignages recueillis jusqu'à présent comportent des contradictions et ne sont pas suffisamment étayés par des éléments matériels.

Selon elle, les déclarations entendues à l'audience reposent essentiellement sur des récits indirects qui devront être corroborés par d'autres preuves pour emporter la conviction du tribunal.

Le parquet invoque la responsabilité hiérarchique

Le parquet spécial défend une analyse radicalement différente. Son représentant, Romaric Martinien Chrysol Kpangba, considère que les témoignages concordants recueillis devant la cour renforcent les accusations visant l'ancien chef de l'État centrafricain.

L'accusation cherche notamment à démontrer la responsabilité hiérarchique de François Bozizé en tant qu'ancien président et chef suprême des armées. Pour le parquet, les récits des témoins décrivent une chaîne d'exécution impliquant la garde présidentielle de l'époque et suggèrent que les faits reprochés ne relevaient pas d'agissements isolés.

Visé par un mandat d'arrêt international, François Bozizé est jugé par contumace aux côtés de Vianney Semndiro, Eugène Ngaïkoïsset et Firmin Junior Danboy, présents devant la Cour pénale spéciale. Le procès se poursuit avec l'audition de nouveaux témoins appelés à éclairer les juges sur les événements de Bossembélé.

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