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RDC : le niveau de transmission d'Ébola reste élevé

10 septembre 2026

La situation épidémiologique demeure très préoccupante. Les autorités sanitaires indiquent toutefois que l'expansion géographique de la maladie est momentanément stabilisée.

Funérailles d'un enfant décédé d'Ebola (août 2026)
Le nombre de morts dépasse officiellement les 3.000 Image : Dieudonne Dirole/AP Photo/picture alliance

En République démocratique du Congo, le ministère congolais de la Santé a présenté, ce jeudi 10 septembre à Kinshasa, un nouveau bilan de la riposte contre l’épidémie d’Ebola.  

Le niveau de transmission du virus Ebola demeure élevé. C'est pourquoi les autorités congolaises et leurs partenaires poursuivent la mobilisation, afin de contenir la propagation de la maladie.   

Selon un rapport épidémiologique sur la maladie, publié hier 9 septembre, six provinces et 61 zones de santé sont touchées : Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu, Haut-Uele, Bas-Uele et la Tshopo.  

Les chiffres datant du mardi 8 septembre font état de 6 843 cas confirmés d'Ebola recensés en RDC, 3 310 décès ont été enregistrés contre 1 611 personnes guéries depuis le début de l'épidémie.  

Par ailleurs, 833 patients sont actuellement hospitalisés ou en isolement. Le taux de létalité frôle les 49 % et le suivi des contacts s'élève à 86,5 %. 

Besoin de personnel de santé supplémentaire

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé, mardi, que 5 000 personnels de santé supplémentaires étaient nécessaires pour faire face à l'épidémie d'Ebola. Pour assurer la prise en charge des patients dans les 3 000 lits prévus, l'OMS estime qu’au moins 5 000 agents de santé sont nécessaires.    

5.000 personnels de santé supplémentaires sont nécessaires en RDC, selon l'OMSImage : Dirole Lotsima Dieudonne/AP Photo/dpa/picture alliance

"Disposer d’un centre de traitement Ebola (CTE) doté de tous les services de soutien nécessaires, d’une capacité de traitement suffisante et d’un accès aisé aux patients permettra, bien entendu, au personnel médical d’offrir les meilleurs soins possibles, tout en assurant l’accès à une structure d’isolement pour rompre la chaîne de transmission au niveau communautaire", explique Kate Nolan, coordonnatrice des urgences de Médecins sans frontières, basée à Kisangani, le chef-lieu de la province de la Tshopo, dans le nord-est de la RDC. 

Une épidémie différente des précédentes

Selon les autorités congolaises, l'OMS et leurs partenaires, cette 17ᵉ épidémie d'Ebola enregistrée en République démocratique du Congo est différente. Sa propagation est plus rapide et est provoquée par le virus Ebola Bundibugyo, une souche rare pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique homologué n'est disponible à ce jour.  

La prévention au sein des communautés est l'une des clefs de la riposteImage : Gradel Muyisa Mumbere/REUTERS

"Avant toute chose, vous devez éviter tout contact physique, car Ebola ne se traite pas par nébulisation, contrairement à ce que nous avons vu avec la Covid-19. Je vois aussi des gens porter des masques aujourd'hui. Non ! Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne avec Ebola. Avec Ebola, l'essentiel est d'éviter les contacts", conseille le docteur Bienvenu. Ikomo Bitalo, responsable de la réponse Ebola à Kisangani, rappelle ces consignes élémentaires de prévention contre la maladie. 

La réaction tardive des autorités sanitaires face à une épidémie qui a débuté sans doute trois mois avant sa déclaration officielle laisse aussi supposer que la situation aurait pu être mieux contrôlée dès le début.  

Il faut toutefois rappeler que la riposte contre Ebola reste confrontée à de nombreux obstacles. On peut citer entre autres : l'insuffisance de personnel médical, le manque de lits de prise en charge et l'insécurité liés aux déplacements des populations, notamment dans l'est du pays, sans oublier les difficultés de suivi des contacts dans certaines zones. 

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