La RDC va accueillir des migrants expulsés des États-Unis
7 avril 2026
"Nous sommes en partenariat avec les Américains. Un partenariat stratégique, oui. Mais pour recevoir les migrants, non. Nous ne voulons pas."
"Derrière chaque enjeu politique, il y a une page cachée."
"Nous avons deux chambres (législatives) que monsieur Félix (Tshisekedi) devait contacter. Mais il n’a pas respecté cela. Ils ne mettront pas les pieds ici, au Congo."
Ces Congolais, rencontrés dans les rues de Kinshasa, se montrent plutôt opposés au projet d’accueillir, dans leur pays, des migrants expulsés des États-Unis.
Ntal Alimasi est spécialiste en gouvernance et en lutte contre la corruption. Il explique le cas de ces personnes renvoyées des États-Unis.
"Les migrants qui sont envoyés dans des pays tiers le sont particulièrement lorsque certains pays refusent d’accepter leurs citoyens, ou lorsque ceux-ci argumentent que leur vie serait en danger s’ils étaient expulsés vers leur pays d’origine", estime Ntal Alimasi.
Des migrants accueillis à Kinshasa
Les autorités congolaises refusent de communiquer sur le nombre de migrants et sur leur nationalité, se contentant d’affirmer que ceux-ci seront hébergés à Kinshasa "pour un suivi administratif, sécuritaire et humanitaire efficaces".
Joseph Bulabula est cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social, l’UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi. Il justifie le secret autour de cette opération et insiste sur le fait que cet accueil serait provisoire.
"Cela correspond notamment aux pratiques habituelles en matière de gestion des flux migratoires, notamment pour des raisons de sécurité et de coordination. Il va s’agir d’un accueil temporaire, limité à la ville de Kinshasa notamment. Ça ne donne pas lieu à une installation permanente. Sur le plan financier, la prise en charge est assurée notamment par la partie américaine", assure ce membre du parti au pouvoir.
Une contrepartie financière
Pour la coalition d’opposition Lamuka, il s’agit néanmoins d’un plan dangereux pour la RDC. Prince Epenge, son porte-parole, avertit que ces migrants ne seront pas en sécurité en RDC.
"Jusqu’où Félix va-t-il aller dans sa logique de faire plaisir à Donald Trump pour obtenir un troisième mandat ? Jusqu’au point de trahir le Congo, parce qu’il s’agit d’une haute trahison. Qui sont les Congolais qui ont demandé à Félix Tshisekedi d’amener ces migrants ? Ces personnes sont parties aux États-Unis pour demander protection là-bas. Pourquoi Félix pense-t-il que le Congo a les moyens de protéger ces gens ?", demande Prince Epenge.
Les autorités congolaises n’ont livré aucun détail sur la somme garantie par les États-Unis pour chaque personne accueillie en RDC.
En 2024, le Royaume‑Uni avait promis au Rwanda un paiement de 20.000 livres pour chaque migrant relocalisé, avant de finalement annuler cette décision, en raison notamment de la guerre dans l’est de la RDC.