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À Uvira, le M23 a laissé derrière lui des fosses communes

25 février 2026

Un mois après le retrait des rebelles de l'AFC-M23 de la ville d'Uvira, des fosses communes y ont été localisées, renfermant près de 170 corps

Des militaires, des experts médico-légaux et d'autres personnes examinent des restes humains dans une fosse commune.
La découverte de fosses communes n'est pas rare dans l'est de la RDC. Image : AP/picture alliance

Selon des sources locales, au moins quatre fosses communes ont été découvertes, parmi lesquelles deux près d'une base militaire qui était occupée par l'AFC-M23, au quartier Kilomoni, dans la commune de Kavimvira, avec plusieurs dizaines de corps à l'intérieur. 

Une autre a été découverte au quartier Kilibula, dans la commune de Kalundu, avec une vingtaine de corps et la quatrième, avec une cinquantaine de corps, se situe dans le village Kabimba, situé à huit kilomètres au sud de la ville d'Uvira.  

Les fosses communes de Kilibula et Kabimba ont été découvertes par des habitants qui ont ensuite alerté les services de sécurité.

« Par dizaines ou par vingtaines, ces corps étaient ensevelis dans une même fosse» témoigne Pontien un habitant de Kavimvira. Selon lui «il n'y avait pas de contrôle pour les enterrer». Les corps étaient juste «entassés dans des véhicules» et jetés dans des fosses communes.

«Comme leaders d'Uvira, nous voyons que c'est inhumain. Et de nombreuses familles qui ont perdu les leurs continuent à les chercher, ne sachant pas qu'ils sont décédés» se désole Pontien.

Le besoin d'identification

Surnommée la ville de la résistance, Uvira était devenue, depuis un an le centre névralgique des opérations militaires et le quartier général des miliciens wazalendo, avec une forte présence des forces armées congolaises et des militaires de la Force de défense nationale du Burundi.  

Des acteurs de la société civile indiquent qu'avec la prise d'Uvira par les rebelles de l'AFC-M23, de nombreux jeunes garçons ont été suspectés d'être des miliciens wazalendo, qui supportent l'armée congolaise. 

Membre d'une organisation des jeunes d'Uvira, Akili estime que ces corps devraient être identifiés. Selon lui «la plupart des victimes peuvent être des jeunes parce que c'était un ciblage des jeunes. C'est très regrettable. » 

Après la découverte d'une fosse commune se pose la question de l'identification des corps.Image : picture-alliance / dpa

Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, confirme pour sa part seulement l'existence de deux fosses communes.

« Les fosses communes que nous venons de découvrir, la première, c'est dans le quartier Kavimvira, avec 132 corps, et l'autre, c'est dans le quartier Kilomoni, vers la frontière avec le Burundi, avec 31 corps » précise-t-il.

Des défenseurs des droits humains dénoncent une situation alarmante. Activiste à Uvira, Ghislain Kabamba le directeur de l'Observatoire droit, justice et gouvernance locale pour la cohésion sociale en RDC réclame l'ouverture d'une enquête indépendante. 

Il condamne ce qu'il qualifie d'actes «de barbarie qui ont été commis par le mouvement rebelle parce qu'il y a longtemps qu'on n'avait pas découvert de fosses communes à Uvira». Il rappelle par ailleurs que c'est après le séjour des rebelles à Uvira que des fosses communes viennent d'être découvertes.

«Nous demandons que des enquêtes soient conduites et que justice soit faite pour les familles » conclut Ghislain Kabamba.

Une mission d'évaluation

Mardi, une mission conjointe de la Monusco, la mission militaire des Nations unies, et de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL), est arrivée à Uvira pour une mission d'évaluation de trois jours, en prélude au déploiement du mécanisme conjoint de suivi du cessez-le-feu, par le gouvernement congolais et l'AFC-M23.  

La mission devra s'assurer que les efforts de suivi et de vérification sont crédibles, sûrs et réalisables sur le plan opérationnel. 

Le gouverneur du Sud-Kivu, sous l'autorité de Kinshasa, Jean-Jacques Purusi Sadiki, en a profité pour dénoncer la présence de l'AFC-M23 à Sange et Lemera, toujours dans le territoire d'Uvira.

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