RDC : des doutes sur l'effectivité du cessez-le-feu
4 février 2026
L’équipe du mécanisme conjoint de supervision et de vérification du cessez-le-feu, dans l’est de la RDC, se réunira mensuellement de manière virtuelle. Elle prendra ses décisions par consensus entre les deux parties, à savoir le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC-M23.
La signature de ce nouvel accord intervient, alors que les deux parties continuent de s’affronter au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les deux provinces de l’est du pays, dont plusieurs zones restent sous contrôle rebelle depuis plus d’une année.
Philippe Doudou Kaganda, directeur scientifique du Centre de recherche et d’étude sur les conflits et la paix dans la région des grands lacs, rappelle que le cessez-le-feu dépend de la bonne volonté des deux parties.
"Ce nouvel accord ne sera pas en lui-même une force tant que les parties en présence n’auront pas suffisamment de bonne foi, suffisamment de volonté pour aller vers la paix, étant donné qu’en dépit de cela, on assiste à la reprise des combats dans plusieurs zones entre l’AFC-M23 et les FARDC", explique Philippe Doudou Kaganda.
Processus pas si facile
La mise en œuvre de ce mécanisme, comme celle d’autres accords déjà signés, dépend de différents facteurs, notamment le financement. La Monusco est chargée de faciliter la coordination logistique, dont le transport et la communication.
Mais le professeur Bob Kabamba, enseignant à l’université de Liège, en Belgique, doute de la viabilité de ce processus.
"Qui va financer tout ce processus de cessez-le-feu ? Au-delà de ce financement, on parle de la Monusco. Mais il faut aussi se rendre compte que la Monusco fait face à d’énormes difficultés de financement. Elle est en phase de réduction de son personnel. Donc, je pense que ce processus ne pourra pas être plus efficace que ce qu’on a déjà connu."
Plusieurs accords déjà
De son côté, Justin Kamilolo, membre de la dynamique des politologues du Congo, la Dypol, rappelle que ce mécanisme n’est pas le premier accord déjà signé par le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC-M23. Les deux parties ne respectent jamais leurs signatures, souligne-t-il.
"On n’a aucune garantie qu’au moins, pour cette fois-ci, ce qui a été signé par les deux parties sera respecté parce que nous sommes habitués à voir les deux parties se retrouver, se parler et sur le terrain, il n’y a aucune évolution par rapport à la guerre qui sévit dans l’est du pays. Nous restons vigilants pour voir si réellement les deux parties parleront le même langage pour faire évoluer la situation", rappelle Justin Kamilolo.
Pendant ce temps, sur le terrain, le nombre des déplacés ne cesse d’augmenter, à la suite des affrontements entre les deux parties, aggravant ainsi la situation humanitaire.