1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

RDC : affrontements à Kabunambo entre FARDC et M23

17 mars 2026

Ces combats entre l’armée congolaise et les rebelles M23 ont plongé les habitants dans la panique et relancé les accusations de provocations.

République démocratique du Congo, Goma, 2025 | Des rebelles du M23 escortent des soldats gouvernementaux capturés
La RDC et le Rwanda ont entériné début décembre un fragile accord de paix sous l'égide de Washington, qui n'a pas mis fin aux combats. Image : Moses Sawasawa/AP Photo/picture alliance

Selon plusieurs témoins, les échanges des tirs à l’arme lourde et légère ont commencé dès les premières heures de la matinée de mardi (17.03), provoquant la panique parmi les habitants de Kabunambo, Sange Runingu, et d’autres villages voisins.  

Un calme apparent est revenu dans l’après-midi, mais le coordonnateur de la nouvelle société civile congolaise d’Uvira s’inquiète de la situation sécuritaire préoccupante dans cette partie de la plaine de la rivière Ruzizi : 

" Les affrontements ont été signalés depuis 7h sur la partie Biriba-Kabunambo et à présent, même s’il y a un peu de calme, il faut signaler que, depuis ce matin, les habitants de Sange sont coincés dans leurs maisons à cause des tirs et des explosions. Il y a aussi le déplacement des habitants de Runingu vers Kiliba, et d’autres dans la ville d’Uvira." 

D’autres affrontements ont été signalés dans le village de Mitamba, vers Bijombo, entre les miliciens Twirwaneho, alliés aux AFC-M23, et les Wazalendo, qui sont, pour leur part, les alliés de l’armée congolaise. Les combats ont provoqué la fuite d'environ 800 familles, selon des organisations humanitaires locales. 

Les États-Unis ont annoncé début mars des sanctions contre l'armée rwandaise pour son soutien M23 dans l'est.Image : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

Des combats qui défient l’Accord de Washington

Ces affrontements interviennent trois mois après la signature de l’Accord de Washington, entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais, Paul Kagame, sous les auspices du président américain Donald Trump.  

Cet accord prévoit le respect de l’intégrité territoriale entre la RDC et la Rwanda, le désengagement militaire de Kigali, la neutralisation des rebelles rwandais des FDLR, l’instauration d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, le retour des réfugiés et des déplacés, mais aussi, la création d’un cadre d’intégration économique régionale. 

Chercheur en résolution des conflits dans la région des Grands lacs, Come Bwami regrette que plus de 100 jours après, la situation sur le terrain, dans l’est de la RDC, ne respecte pas le contenu de cet accord.  

" Le degré d’application de l’accord de Washington reste critique. Cet accord connaît des difficultés énormes dans sa mise en œuvre, si on essaye de voir ce qui se passe sur le terrain et si on considère le taux d’exécution. Il s’observe encore le blocage concernant le désengagement des troupes et la neutralisation des groupes armés, tels que convenus par les deux parties." 

L'Angola, un autre médiateur dans le conflit de l'est, a proposé à Kinshasa et au M23 d'observer un cessez-le-feu à compter du 18 février, sans plus d'effet sur le terrain. Image : Philemon Barbier/AFP/Getty Images

Manque de sincérité entre les signataires

L’intensité des combats avait toutefois baissé ces derniers temps. Mais le président du Réseau des faiseurs d’opinion pour la paix et la bonne gouvernance, le Réfodeg, Augustin Byamungu, estime que cet accord a été caractérisé, dès le début, par un manque de sincérité entre les signataires

" Si vous avez suivi, après la signature de cet accord, le président rwandais a montré qu’il n’est pas intéressé par ce qui a été dit, mais ce qui l’intéressait, c’est qu’il voulait recouvrer ce qu’il appelle le droit de terre en RDC. C’est un agenda caché et si on évolue avec les agendas cachés, rien ne peut se faire", affirme Augustin Byamungu.

Chercheur en sciences politiques dans le Sud-Kivu, Battiston Laïssi estime que l’Accord de Washington devrait être revu, afin de revêtir un caractère contraignant

" Ce sont simplement des accords de business. Il n’y a pas de sanctions prévues pour les acteurs qui ne respectent pas ces accords. Au médiateur, les Etats-Unis, de voir comment mettre une contrainte aux parties, ou à l’une des parties, qui violent ces accords parce que ce sont les peuples congolais du Nord-Kivu et du Sud-Kivu qui continuent à souffrir", explique Battiston Laïssi.

Sollicitée par la France, une réunion à huis clos est prévue au Conseil de sécurité de l’Onu, ce mardi, sur la situation en République démocratique du Congo, dans un contexte de forte dégradation sécuritaire dans l’est du pays. 

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW