RDC : l'armée rejoint le mécanisme de suivi du cessez-le-feu
15 juillet 2026
L'arrivée à Goma des trois officiers de l'armée congolaise (FARDC) est confirmée par le ministère congolais de la Défense et plusieurs sources concordantes. Ce déplacement a été facilité par la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC, la Monusco.
Le mécanisme qu'ils rejoignent, (connu sous le sigle EJVM Plus,) réunit désormais, des représentants de l'armée congolaise et de la rébellion de l'AFC/M23. Sa mission est d'enquêter sur les violations du cessez-le-feu, de vérifier les mouvements de titaroupes et d'éviter une nouvelle escalade militaire.
La réelle portée du mécanisme
"Le fait qu'il y a toutes les parties prenantes dans le mécanisme, je pense que c'est un plus mais comme on le sait : les grands changements sur le terrain ne vont être fait qu'au niveau politique et au niveau plus élevé", estime Reagan Miviri, chercheur principal à Ebuteli, l'institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence.
Mais cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement fragile. Les combats se poursuivent toujours dans plusieurs zones du Nord et du Sud-Kivu, notamment à Masisi, Kalehe et Minembwe.
Kinshasa accuse l'AFC/M23 de violer le cessez-le-feu. De son côté, la rébellion formule les mêmes accusations contre les FARDC et leurs alliés Wazalendo.
Toujours pas de retrait des troupes rwandaises
Autre difficulté : le retrait des troupes rwandaises, attendu par Washington à la mi-juillet, n'a toujours pas été constaté sur le terrain. Les États-Unis continuent de faire pression sur Kigali, tandis que l'accord de paix prévoit également des engagements de Kinshasa concernant la neutralisation des FDLR.
Pour Roger-Claude Liwanga, professeur de droit et co-initiateur du Baromètre des Accords de Paix en Afrique, une plateforme académique et indépendante consacrée au suivi, à l'évaluation et à l'analyse de la mise en œuvre de l'Accord de paix de Washington, les parties prenantes devraient harmoniser leurs efforts pour disposer d'une évaluation précise de la situation sur le terrain.
"Les Etats-Unis, en tant que parrain de l'accord, devraient maintenir et renforcer la pression diplomatique et politique coordonnée sur les deux parties afin de s'assurer du respect des engagements pris et des délais convenus notamment en ce qui concerne la neutralisation des FDLR et la levée des mesures défensives rwandaises", plaide Liwanga.
Pendant ce temps, le processus de négociation politique lancé à Doha peine à avancer, malgré plusieurs séries de discussions restées sans issue concrète.