La RDC présente sa candidate pour diriger l’OIF
27 février 2026
La République démocratique du Congo (RDC) a officiellement lancé sa candidature pour le poste de secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Juliana Lumumba affrontera en novembre la Rwandaise Louise Mushikiwabo, qui occupe le poste depuis 2019. Cette candidature intervient dans un contexte tendu entre la RDC et le Rwanda, alors que des affrontements se poursuivent dans l’est du pays.
La RDC toujours en conflit avec le Rwanda
Dans l’est du pays, les forces armées congolaises continuent de lutter contre la rébellion de l’AFC-M23, soutenue par Kigali. Malgré l’accord de paix signé en juin 2025 et entériné en décembre dernier à Washington par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la méfiance persiste entre les deux pays.
Le professeur Nkere Ntanda, de l’université de Kinshasa, estime que la perte de confiance envers le Rwanda pourrait jouer en faveur de la RDC.
"Plusieurs pays africains considèrent que Kagame est un problème pour l’Afrique centrale et pour l’Union africaine. Dans ce contexte, la candidature de Juliana Lumumba tombe à point", explique-t-il.
Le soutien international à la RDC
La RDC bénéficie d’un contexte diplomatique favorable. Les États-Unis ont signé un accord lui donnant accès à certaines ressources minières et ont appelé le Rwanda à retirer ses troupes.
La France, la Belgique et l’Union européenne ont également reconnu et condamné la présence militaire rwandaise sur le sol congolais.
Malgré ce soutien, des experts restent prudents sur les chances de victoire. Pour le professeur Jules Nyanza, de l’université de Goma, la véritable réussite diplomatique ne se mesurera qu’une fois la paix effective sur le terrain.
"On ne peut pas parler de victoire tant que Masisi et d’autres régions restent en guerre", souligne-t-il.
L’OIF, une organisation influente
L’OIF, dont le siège est à Paris, regroupe 90 États : 53 membres, cinq membres associés et 32 observateurs.
La candidature de Juliana Lumumba a été annoncée au lendemain d’une rencontre à Paris entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue français Emmanuel Macron, soulignant l’importance stratégique de cette course.