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En RDC, l’Église rejette la réforme de la Constitution

22 juin 2026

Dans une déclaration publiée ce samedi 20 juin, la Conférence épiscopale nationale du Congo dénonce la volonté de changer la Constitution du 18 février 2006.

Demokratische Republik Kongo Katholische Kirche Bischöfe
Image : Giscard Kusema/Presidency of the Democratic Republic of the Congo

Jusqu’ici porté essentiellement par l’opposition politique, le rejet d’un changement de la Constitution reçoit désormais l’appui de la Cenco, une institution dont la parole conserve un poids important dans l’opinion publique.  

Pour l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, la réforme constitutionnelle qu’envisage le pouvoir n’est pas nécessaire, urgent et opportun.

"Aux Ecclésiastiques et Agents pastoraux, de faire large diffusion de ce message et d'éveiller, de diverses manières, la conscience de nos fidèles ainsi que celle des hommes de bonne volonté, afin de résister aux manipulations visant le changement de la Constitution. Nous nous réservons le droit de revenir à vous pour vous annoncer, le moment venu, quelques actions concrètes à mener."  

L'église catholique dit non au changement de la Constitution

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Les prélats semblent surtout vouloir peser dans le débat politique en mettant en garde contre ce qu’ils considèrent comme des initiatives susceptibles de fragiliser davantage le pays dans un contexte déjà marqué par l’insécurité dans l’Est et les tensions sociales. 

Cependant, dans les rues de Kinshasa, sur cette position de la Cenco, chacun développe sa propre lecture.

"Beaucoup de personnes se basent sur le Président de la République, genre : il aura un autre mandat. Et pourtant, il faut voir l’intérêt général parce qu’il est en train de faire des choses pour le peuple en fait", estime une jeune dame. 

Pour une autre, "si nous regardons bien, le pays lui-même n’est pas en bon état. Il y a l’état de siège, il y a l’état de guerre tout ça dans l’Est. Mais comment changer la Constitution dans ce genre de circonstances ?" 

Autre réaction, celle d'un jeune homme qui estime que, "la Constitution doit aussi être favorable pour une entrée sur la scène internationale. Si la Constitution n’est pas adaptée, nous n’aurons pas une place en tant qu’Etat souverain selon qu’on a des capacités d’établir des traités et ainsi de suite." 

L'Union Sacrée de Félix Tshisekedi a exprimé sa volonté de changer la Constitution. Une position répétée par l'oppositionImage : Andrew Caballero-Reynolds/AFP

 

Le poids de la Cenco

Si la Cenco ne dispose d’aucun pouvoir institutionnel pour bloquer une éventuelle réforme, son poids social, politique et diplomatique demeure considérable. C’est ce que souligne le politologue Christian Moleka. 

"L’Eglise catholique, certes, va se mobiliser mais il y a un facteur nouveau. C’est également la mobilisation d’autres formes d’Eglises, notamment des Eglises dites de réveil. L’avantage de l’Eglise catholique est qu’elle peut mobiliser sur l’ensemble du pays, ce que d’autres Eglises ne sauront pas, mais également sa capacité à avoir ce levier diplomatique. Parce que sa voix ne compte pas uniquement dans la rue à Kinshasa mais également par sa capacité, au niveau international, à porter cette question-là."

Alors que le débat s’intensifie, l’opposition a déjà annoncé une mobilisation de rue le 8 juillet prochain pour demander cette fois, la démission du Président Félix Tshisekedi. Le secrétaire général du parti présidentiel, UDPS, accuse l’opposition de vouloir ainsi entrainer un soulèvement populaire dans le pays.

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