Est de la RDC : quelle stratégie pour ramener la paix ?
9 janvier 2026
La ville zambienne de Livingstone accueille, depuis le jeudi 8 janvier et jusqu'au samedi 10 janvier, une réunion extraordinaire des ministres de la Défense, consacrée à la situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo. Elle a été convoquée par la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs, à la suite de la recrudescence des violences et d'une crise humanitaire persistante qui continuent de déstabiliser la région.
La recherche d'une réponse commune
Cette rencontre réunit les représentants des 12 États membres, parmi lesquels la RDC, le Rwanda, le Burundi, ou encore l'Angola. Les discussions tournent autour d'une réponse commune face à la dégradation sécuritaire dans l'est congolais et à ses répercussions sur toute la sous-région.
Les ministres examinent notamment l'état de la crise humanitaire, ainsi que la mise en œuvre du cessez-le-feu, signé en octobre 2025 à Doha, entre le gouvernement congolais et le mouvement rebelle AFC-M23.
Une nouvelle mobilisation diplomatique et sécuritaire d'envergure censée aboutir à une meilleure relation de voisinage entre les États, estime Alain Edinkom, spécialiste de politique étrangère.
Selon lui "la solution commune va tourner autour du bon voisinage qui est aujourd'hui le leitmotiv pour le bon vivre ensemble des États dans la communauté de la région des Grands Lacs africains".
Alain Edinkom estime que "c'est un bon voisinage qui va susciter, par exemple, la notion de coopération, de commerce frontalier entre les États, qui va aussi symboliser un contenu sécuritaire". Cela signifie selon lui que "le Rwanda et la RDC, auxquels on peut ajouter le Burundi, doivent coopérer dans ce domaine de la sécurité pour éviter que l'un ou l'autre ne soit un territoire pour déstabiliser l'autre".
Des rencontres mais pas de cessez-le-feu durable
Les deux dernières années, près de dix réunions techniques ministérielles ont eu lieu, ainsi que de nombreux comités de renseignement. Cette multiplication des rencontres est souvent critiquée comme une "diplomatie de sommets" qui peine à se traduire par un cessez-le-feu durable sur le terrain.
Pour Stéphane Kankanga, enseignant en relations internationales, la multiplicité des réunions est un signe positif, mais, en fin de compte, ce sont les États signataires qui décident de respecter, ou non, leurs engagements.
"Cette multiplicité des réunions prouve la volonté des États de trouver des solutions. Malheureusement, sur la scène internationale, ce sont les intérêts qui guident les comportements des différents acteurs. Ce qui fait que, dans la prise de décision, il y a des acteurs qui ne respectent pas leurs engagements", explique Stéphane Kankanga.
Selon lui "on est en droit international. C'est un droit nécessairement volontariste qui dépend de la seule volonté des acteurs".
Avant la réunion ministérielle de ce samedi, une réunion extraordinaire du Comité spécialisé des experts en défense a eu lieu, ce jeudi. Une autre du même genre se tient aujourd'hui (9 janvier), avec les chefs des forces de défense.