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RDC : malgré le cessez-le-feu, la guerre continue dans l’est

9 septembre 2026

Malgré les efforts diplomatiques, les combats persistent, les déplacements se multiplient et les frappes de drones s’intensifient.

Des déplacés en RDC
Les populations civiles sont victimes de frappes de drones dans les hauts et moyens plateaux de Fizi.Image : AP

Le cessez-le-feu reste théorique dans l’est de la République démocratique du Congo, malgré les efforts diplomatiques pour tenter de rétablir la paix dans cette partie du pays. 

Sur les lignes de front, la tension demeure. Dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, les affrontements se poursuivent entre les forces armées congolaises, appuyées par les milices Wazalendo, et les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda. Les récents incidents révèlent notamment un usage croissant des drones armés. 

Ces frappes de drones qui aggravent la crise humanitaire

Dans la province du Sud-Kivu, les combats se poursuivent dans les territoires de Walungu et de Fizi. Les populations civiles sont victimes de frappes de drones dans les hauts et moyens plateaux de Fizi. 

"Ces combats ont entraîné une intensification des frappes aériennes de drones, causant des pertes en vies humaines, d’importants dégâts matériels et une crise humanitaire aiguë marquée par le déplacement massif des populations", témoigne Stanislas Waenge, membre de la société civile locale. 

Une nouvelle vague de déplacements forcés

Même situation dans la province du Nord-Kivu. Le climat reste tendu dans les territoires de Masisi et de Walikale. Plusieurs villages ont été affectés par les affrontements qui ont opposé, le week-end dernier, les rebelles de l’AFC/M23 à l’armée congolaise. 

"Comme vous le savez, lorsqu’il y a des coups de feu et des explosions, les populations fuient leurs habitations pour s’abriter là où il y a de la sécurité. On est en train d’enregistrer pas mal de déplacés en territoire de Walikale. Il y a aussi ceux qui viennent des territoires voisins, tel que Massi, Rutshuru et aussi Kalehe, au Sud-Kivu. Et pour l’instant, ces populations victimes de déplacements forcés et massifs ne sont pas assistées", alerte Fiston Misona, président de la société civile de Walikale.  

Cessez-le-feu bafoué, les frappes de drones se multiplient 

La société civile déplore le non-respect du cessez-le-feu. Ce mardi, les rebelles de l’AFC/M23 ont été délogés de certaines de leurs positions dans le Masisi, après de violents affrontements avec les miliciens Wazalendo. 

Les civils sont victimes de frappes de drones. Acled a recensé, depuis le début de l’année, 207 frappes de drones en RDC.Image : Xinhua/picture alliance

Les drones armés jouent par ailleurs un rôle croissant dans les combats. Acled, une organisation spécialisée dans la collecte et l’analyse des données sur les conflits, a recensé, depuis le début de l’année, 207 frappes de drones en RDC. 

"75 d’entre elles ont été enregistrées au Sud-Kivu et un peu moins de 75 au Nord-Kivu. D’autres ont visé l’Ituri et la Tshopo. Plus de la moitié de ces frappes ont été menées par les FARDC et 53 par les ADF et le M23 (deux groupes armés rebelles, ndlr)", précise Ladd Serwat, analyste à l’Acled.  

Le président Félix Tshisekedi a annoncé l’organisation prochaine d’un dialogue national, mais sans y associer les groupes armés, notamment l’AFC/M23. Une initiative rejetée par l’opposition, qui affirme que dans ces conditions, ce dialogue n’apportera aucune solution à la crise dans l’est de la RDC. 

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