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Le dialogue national piétine en RDC

3 février 2026

Les conditions posées par le président Félix Tshisekedi à la tenue du dialogue national, réclamé par l'opposition et la société civile congolaises, peinent à convaincre.

Le président congolais, Félix Tshisekedi et l'opposant Martin Fayulu
Le président congolais, Félix Tshisekedi et l'opposant Martin FayuluImage : AFP

Alors que les forces armées congolaises continuent d'affronter les rebelles de l'AFC-M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le président Félix Tshisekedi a réclamé que le dialogue, pour avoir lieu, devrait se tenir sur le territoire national et ne pas remettre en cause l’autorité de son gouvernement.

​Ces conditions sont accueillies avec scepticisme par la coalition d'opposition Lamuka. ​

"Le plus important, ce sont les objectifs poursuivis par le dialogue tel que réclamé par le peuple. Pacifier le pays, bouter Kagame hors de notre territoire national, créer l'unité et la cohésion et enfin, amorcer les réformes électorales nécessaires en vue d'assurer de bonnes élections en 2028. Pour toute autre question et toute conditionnalité posée par Félix Tshisekedi, nous faisons confiance à la sagesse de l'Union africaine et du président angolais Lourenço qui vont devoir accompagner ce dialogue", explique  Prince Epenge ​le porte-parole​ de la coalition Lamuka.

L​igne rouge


​L​e président congolais, Félix Tshisekedi, conserve sa ligne rouge : pas question de négocier avec les rebelles d​e l'AFC/M23. Une position qui divise au sein de l'Union sacrée, sa plateforme politique. Nkere Ntanda, président du Conseil patriotique et progressiste chrétien, pense qu'on ne peut aboutir à la paix que si on parle avec ses ennemis.

"S'il faut dialoguer, on doit dialoguer avec les ennemis. Les Congolais qui occupent la partie est de la République, c’est avec eux qu'on doit dialoguer. Pas avec les politiciens prêts à tout qui circulent à Kinshasa et qui veulent sauter sur cette opportunité pour prétendre qu'ils sont indispensables pour le retour de la paix en RDC"​ soutient le leader politique.
 

​La population oubliée


Le professeur Moïse Cifende, enseignant à l'université catholique de Bukavu, regrette pour sa part que la population, première victime de la crise, soit laissée de côté dans ce processus. Il rappelle que c'est à l'Etat qu'incombe la responsabilité d'assurer la paix et la sécurité sur son territoire.

​D'après lui, "tout en cherchant le dialogue, l'État ne doit pas abandonner sa population massacrée. Il ne doit pas laisser sa population en dehors de toute protection. Dialogue ou pas, la RDC a l'obligation de conquérir son intégrité territoriale et d’assurer la protection de la population civile. C'est pour cela que le chef de l'État a été élu. Il doit tenir cet engagement​".

Sur le terrain, la situation reste toutefois préoccupante. Les déplacements massifs et réguliers des habitants des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continuent d’aggraver une crise humanitaire déjà aiguë.

Les explications de Jean-Noël Ba-Mweze

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