Ebola : des essais cliniques pour une lutte plus efficace
8 juillet 2026
En Ituri, de l'Institut national de recherche biomédicale de la RDC a lancé une opération de recrutement de volontaires. Avec ses partenaires de l'Université d'Oxford et de l'Africa CDC, l'IRNB veut trouver au moins 500 patients atteints d'Ebola qui acceptent de participer aux premiers essais cliniques d'un futur traitement contre la souche Bundibugyo. Objectif : trouver un traitement efficace contre cette souche déclarée mi-mai dans la province.
Besoin de 500 patients
Le recrutement des volontaires est en cours dans les centres de traitement Ebola en Ituri. Aucune date n'est encore fixée pour la première injection, mais les patients enrôlés recevront trois molécules, comme l'explique le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, directeur général de l'Institut national de santé publique.
"Nous avons le MBP-134, le Remdesivir, nous avons l'Obeldesivir. Voilà les molécules qui vont permettre d'avoir un médicament capable de traiter efficacement cette maladie" assure-t-il.
Il faut au moins 500 patients pour déterminer l'efficacité du traitement. Les essais vont durer entre 3 et 6 mois, précise le Dr Francis Mbala, directeur des activités de laboratoire à l'INRB.
Il explique que "l'essai clinique dépendra de l'évolution de l'épidémie. Ça nous permettra d'analyser quel traitement marche le mieux. Avec ça, nous serons mieux armés pour soigner les patients et mieux préparés pour les épidémies futures."
Des recherches dans des conditions difficiles
Ces essais marquent une avancée majeure dans la lutte contre la souche Bundibugyo, qui n'a encore ni traitement spécifique ni vaccin.
Sur le terrain, la lutte contre Ebola reste difficile, faute de moyens. Les équipes engagées dans la riposte enregistrent deux mois d'arriérés de primes de prestations. Certains menacent d'aller en grève. Des manifestations ont déjà eu lieu lundi dernier à Bunia.
Le Pr Yap Boum, chef de la riposte d'urgence à l'Africa CDC, mise sur la mobilisation communautaire.Il assure que tout est fait pour que les communautés aient accès à ces opportunités. "Non seulement elles pourront être guéries, mais surtout elles apporteront des preuves pour valider ce médicament et, dans quelques mois, l'efficacité d'un nouveau vaccin" espère le Pr Yap Boum.