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RDC : les soignants exigent de meilleures conditions de travail

19 octobre 2026

En RDC, Ebola continue de se propager et touche désormais huit provinces, avec 4 410 décès. Pendant ce temps, les agents des hôpitaux publics réclament davantage de moyens pour combattre l'épidémie.

RDC Mongbwalu 2026 | Travaux de désinfection pendant l'épidémie d'Ebola
En Ituri, des voix appellent à renforcer la sensibilisation et à mieux prendre en charge les professionnels de santé.Image : Xinhua/picture alliance

En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola continue de progresser dans l’Est du pays. Au 14 octobre, le bilan officiel faisait état de 9 144 cas confirmés, dont 4 410 décès, dans huit provinces.

En Ituri, des voix appellent à renforcer la sensibilisation et à mieux prendre en charge les professionnels de santé. Ces derniers sont justement en grève depuis le jeudi 15 octobre. Le mouvement concerne tous les hôpitaux publics du pays.

Un appel à renforcer la sensibilisation à l'ecole

La maladie avance rapidement et continue de s’étendre sur de nouvelles provinces. Une progression qui inquiète, notamment en Ituri. 

"Les chiffres commencent encore à se multiplier et ça commence à nous inquiéter. Nous nous posons la question de savoir quelle est la cause. Est-ce que ce sont les populations qui ont oublié les bonnes manières, oubliant que la maladie existe encore ? ", s'interroge Xavier Asani, acteur politique de Bunia. Il appelle à renforcer la sensibilisation, notamment en milieu scolaire : "Moi je pense également à la reprise des activités scolaires. J’ai vu récemment qu’il y a eu 25 cas de contamination dans les milieux scolaires."

Un plaidoyer pour une bonne prise en charge des soignants

"Moi je crois que nous devons encore multiplier les mesures d’hygiène", soutient également Fala Prince. Ce notable de Bunia pense que la prévention doit toutefois aller de paire avec une meilleure prise en charge des soignants, dont certains accusent plusieurs mois de retard de paiement de salaire. Il rappelle que la maladie existe bel et bien.

"Ce que j’ai aussi fustigé, précise-t-il, c’est le fait que les médecins ne sont pas correctement pris en charge. On ne peut pas comprendre que les gens qui sont en train de donner leur vie à leurs risques et périls puissent faire trois mois, quatre mois sans être payés. Ça, c’est être inhumain. Que le ministère de la Santé publique puisse remédier très rapidement à cette situation pour ne pas l’empirer davantage."

Les professionnels de santé font grève depuis le 15 octobre 2026 réclament de meilleures conditions de travail.Image : Jospin Mwisha/AFP

Les agents hospitaliers en grève

Un appel qui intervient justement, alors que dans les hôpitaux publics, les agents et cadres, dont les infirmiers, les laborantins et le personnel administratif, sont en grève depuis le 15 octobre. Un mouvement organisé par l’intersyndicale du secteur de la santé, l’ISS.

Les grévistes réclament, notamment, l’admission sous statut, la promotion en grade et le paiement des primes de risque. 

"C’est le gouvernement qui ne veut pas le dialogue pour arriver à apaiser les esprits de ceux qui se donnent lorsqu’il y a des maladies dans notre pays", précise Joseph Kibangula, président de l’Union nationale des infirmières et infirmiers du Congo, l’UNIC, qui dénonce également l’absence de dialogue avec le gouvernement. "Nous avons lancé les préavis de grève qui n’avaient pas été entendus. Raison pour laquelle nous avons décidé de commencer cette grève pour dénoncer le fait que le gouvernement n’est pas en mesure de dialoguer pour trouver des solutions escomptées."

Les médecins ne sont pas concernés par ce mouvement. L’intersyndicale affirme que la grève ne sera levée qu’après une réponse du gouvernement à ses revendications.

La huitième province désormais touchée par l’épidémie d’Ebola, c’est le Nord-Ubangi. Une menace pour la République centrafricaine, dont elle est voisine. Face à cette menace, les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, la CEMAC, ont harmonisé le 15 octobre à Brazzaville huit protocoles de préventionet de riposte avec pour objectifs de renforcer la surveillance, le suivi des contacts et les contrôles aux frontières.

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