Kinshasa prête à faire face à d'éventuels cas d'Ebola
12 août 2026
Alors que l'épidémie à virus Ebola continue de se propager dans l'est de la République démocratique du Congo, une récente alerte liée à un bateau en provenance de la Mongala, dans le nord-ouest du pays, a ravivé la peur d'une propagation de la maladie à Kinshasa, la capitale. Les passagers ont finalement tous été testés négatifs.
Mais cet épisode illustre la peur que l'épidémie touche la capitale, une ville d'environ 19 millions d'habitants. L'empressement des autorités dans le cas de ce bateau soulève aussi une question centrale : la capitale congolaise est-elle en mesure de faire face à l'épidémie, si celle-ci venait à y entrer ?
Quel dispositif est mis en place ?
"S'il y a une alerte, les services d'épidémiologie, puis le laboratoire de l'INRB, sont prêts à détecter rapidement les cas et à en faire la confirmation rapide" explique le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l'Institut national de recherche biomédicale, l'INRB.
Selon lui "le ministère de la Santé a aménagé l'hôpital Cinquantenaire pour éventuellement recevoir les cas et les isoler parfaitement". Nous sommes préparés. Nous pouvons vite contenir une épidémie d'Ebola, ici, à Kinshasa."
Au-delà du diagnostic et de l'isolement, la capacité d'accueil constitue l'un des principaux enjeux à Kinshasa, une mégapole de près de 19 millions d'habitants. Le Centre des opérations d'urgence de santé publique, le Cousp, envisage toutefois de renforcer ses capacités.
"A l'hôpital Cinquantenaire, nous avons vingt lits préparés par rapport à ça, mais ce sont des lits modulables qui peuvent aller jusqu'à une capacité de 200 à 250 lits. Nous sommes en train de réfléchir pour qu'on puisse avoir davantage de lits dans le cadre d'une préparation" précise ainsi le professeur Christian Ngandu, le coordonnateur du Centre des opérations d'urgence de santé publique.
Il insiste également sur la formation de "plus de 120 personnes qui viennent de différentes structures, notamment l'hôpital de Vijana, Sino-congolais, Kinkole, Kintambo et le cinquantenaire". Selon lui "ces 120 personnes sont en mesure de prendre en charge tout éventuel cas d'Ebola."
Le besoin de plus de moyens
Un dispositif néanmoins insuffisant, selon Carlos Mupili, président du Conseil suprême de la société civile, qui appelle les autorités à mettre plus de moyens pour éviter toute surprise.
"Vingt lits, c'est insignifiant dans cette ville, et avec un seul hôpital, ça ne suffit pas. Il fallait qu'on puisse mobiliser plusieurs structures sanitaires pour bien prévenir. Je pense que les autorités doivent travailler. Il faut mettre les moyens pour que nous ne puissions pas être débordés et prendre des décisions dans la précipitation" précise Carlos Mupili.
Pour l'instant, il n'existe aucun cas d'Ebola à Kinshasa, insiste le professeur Christian Ngandu. Mais la circulation des personnes entre les différentes provinces rappelle la nécessité d'une surveillance renforcée contre la maladie qui, en trois mois, a fait déjà plus de 2 000 morts pour près de 4.500 cas confirmés dans l'est de la RDC.