En RDC, Ebola franchit la barre des 10 000 cas
27 octobre 2026
En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola a franchi un nouveau seuil alarmant. Plus de 10 000 cas ont été confirmés et près de 5 000 décès ont été enregistrés depuis le début officiel de l’épidémie, le 15 mai dernier.
Elle constitue donc la plusimportante épidémie d'Ebola jamais observée dans un seul pays africain, en nombre de décès.
Les chiffres publiés, ce mardi, par les autorités sanitaires congolaises confirment la progression de la maladie qui a dépassé les frontières de la RDC.
La riposte sanitaire, pour sa part, est confrontée à de sérieuses difficultés, notamment en raison du non-paiement des salaires des médecins déployés en première ligne.
Le Prof. Muyembe reste confiant
10 060 cas confirmés et 4 887 décès. C’est le dernier bilan de l’épidémie d’Ebola en RDC. Le nombre de contaminations continue d’augmenter et d’ores et déjà, l’actuelle épidémie est la plus grave jamais enregistrée à l’échelle d’un seul pays.
L’épidémie de 2014 avait, pour sa part, touché trois pays d’Afrique de l’Ouest et provoqué la mort de 11 300 personnes en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia.
Le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’institut national de recherches biomédicales, l’INRB, s’efforce, en dépit de ces mauvais chiffres, de se montrer rassurant.
"Dans les mois à venir, le nombre des cas va diminuer. Nous allons vers la maîtrise complète de cette épidémie. Nous avons l’expérience et l’expertise. Maintenant, on s’organise de mieux en mieux pour le suivi des contacts et pour gagner également la confiance de la population. Le travail sur le terrain est un travail scientifique minutieux. Nous allons donc mettre fin à cette épidémie."
Des soignants menacés et impayés, Ebola inquiète les pays voisins
Sur le terrain, les équipes médicales doivent toutefois prendre de grands risques. Dans la province de la Tshopo, un infirmier a été récemment tué par des jeunes qui l'accusaient d'avoir contaminé une source d'eau.
À ces menaces, s’ajoutent les difficultés liées au non-paiement des agents mobilisés contre l’épidémie, et les préoccupations quant à la gestion des financements. Au cours d’une visite en RDC, Serap Güler, vice-ministre allemande des Affaires étrangères, a rappelé la nécessité de payer le personnel médical.
"L’Allemagne soutient les efforts de lutte contre Ebola à hauteur de 27 millions d’euros et nous allons poursuivre cet appui », a-t-elle précisé avant d'insister qu'il « est très important, pour moi, de souligner que tous les agents qui travaillent dans les centres de prise en charge d’Ebola que j’ai visités hier doivent percevoir leur salaire. Je tenais également à le dire très clairement, ici, au sein du gouvernement."
L’épidémie d’Ebola en RDC inquiète les pays voisins puisque le virus a franchi les frontières en Ouganda, au Kenya puis au Nigeria.
L’Ouganda, qui a enregistré une vingtaine de cas confirmés, impose désormais une quarantaine de 21 jours à toute personne venant de RDC.