RDC : Ebola progresse en Ituri entre attaques et fuites
26 mai 2026
L'épidémie d’Ebola en RDC est extrêmement grave et difficile à gérer. C'est l’alerte qu’a lancé ce lundi (25.5.2026), le patron de l’OMS qui appelle les pays voisins à agir immédiatement. Une prise de position qui survient deux jours après une réunion ministérielle de deux jours qui s’est achevée samedi à Kampala, en Ouganda. Et qui a réuni des représentants de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, les trois pays touchés en ce moment par Ebola.
Les travaux se sont achevés sur des résolutions visant à freiner la propagation de l’épidémie à virus Ebola dans la région, continuer la riposte face à la résistance d’une partie de la population dans l’est de la République démocratique du Congo. Car le message de lutte contre la propagation ne passe pas encore en Ituri, épicentre de la variante de cette maladie pour laquelle il n’y a actuellement pas de vaccin.
Ces croyances mystiques qui freinent la riposte
L’organisation mondiale de la santé qualifie de très élevé, le niveau de risque de l’épidémie à virus Ebola, actuellement en propagation dans l’est de la RDC. Déclarée depuis dix jours dans les zones de santé de Rwampara et de Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, la maladie touche désormais les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L'OMS a totalisé lundi en RDC 220 décès suspects et plus de 900 cas suspects.
Malgré que le patron de l’OMS a déclaré lundi que “l'épidémie progresse plus vite que nous”, plusieurs jeunes gens continuent de douter de l’existence de la maladie qu’ils attribuent plutôt à des puissances mystiques.
“Par rapport aux symptômes d’Ebola, c’est un peu difficile de croire parce que ce ne sont pas encore tous les symptômes qui sont visibles. Peut-être qu’il y aura encore d’autres signes, mais ce qu’on constate pour le moment ne suffit pas. C’est très difficile de confirmer qu’il y a Ebola. Il y a aussi les histoires de la sorcellerie dont on parle. Des cercueils qui marchent un peu partout“, a indiqué Jean Vianney, chauffeur de taxi à Mongbwalu, foyer de l’épidémie.
Des rumeurs alimentent les violences
Des rumeurs dues à un manque d’information sur Ebola et ses conséquences néfastes. Cela bloque la riposte contre l’épidémie, favorise sa propagation rapide et expose le corps médical à la colère d’une jeunesse mal informée. Des jeunes ont incendié la semaine dernière, les installations de traitement d’Ebola, d’abord à l’hôpital général de Rwampara, puis à l’hôpital général de Mongbwalu.
“Ils sont passés de la parole à l’acte en brûlant ces installations. Et pourtant, ils sont en train de ralentir la riposte, mais la maladie est là. L’incendie de cette tente a occasionné une panique au sein du corps médical de l’hôpital. Cela a occasionné aussi l’évasion de plusieurs cas suspects. Dix huit malades qui étaient suivis en isolement se sont volatilisés“, a averti Docteur Richard Lokodi, médecin directeur de l'hôpital général de Mongbwalu.
Un grand risque pour la communauté, regrette t-il avant de rappeller que l’épidémie à virus Ebola n’épargne personne.
Les autorités locales intensifient la sensibilisation
De leur côté, les autorités locales se mobilisent pour la sensibilisation de la population. Israël Sesereki bourgmestre de la commune rurale de Mongbwalu indique que la sensibilisation passe aussi par des leaders communautaires.
“Nous sommes en train de sensibiliser les leaders communautaires pour qu’il n’y ait pas de désagrément. La Société civile, les leaders communautaires et les chefs de quartiers sont instruits, afin que la population soit sensibilisée. On ne peut pas baisser les bras par rapport à tout ce qui se passe dans notre milieu", a t-il déclaré.
Après plusieurs alertes transfrontalières, les pays voisins renforcent leurs dispositifs de surveillance. L’OMS et le centre de contrôle et de prévention des maladies en Afrique, Africa CDC, poursuivent la coordination régionale pour éviter une propagation plus large en Afrique de l’est. Les participants de la réunion de Kampala ont ainsi décidé de renforcer la coordination régionale, la surveillance aux frontières et le partage rapide des informations.