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RDC: l'arrestation d'un opposant relance le débat sur les libertés

27 octobre 2026

L'avocat​ de Prince Epingué, maître Clément Muza Kayembe, dénonce une procédure irrégulière et réclame sa libération immédiate.

L'opposant Prince Epinge au cours d'une manifestation de l'opposition à Kinshasa le 27 décembre 2023
L'opposant Prince Epinge au cours d'une manifestation de l'opposition à Kinshasa le 27 décembre 2023Image : Paul Lorgerie/DW

Ce dimanche, à l’aéroport international de N'Djili, le passeport de l’opposant Prince Epenge a été confisqué avant son interpellation par les services de sécurité.

Selon ​l'entourage, il serait actuellement détenu au Conseil national de cyberdéfense, une structure souvent présentée comme un service de renseignement rattaché à la présidence. ​

​"Franchement, ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir ne respectent rien. Aucune procédure n’a jamais été respectée, alors qu’il s’agit d’un opposant. Quelles sont les garanties que nous pouvons avoir au niveau de la justice ? Il n’a pas été présenté devant un juge. « Nous exigeons purement et simplement la libération de Prince Epenge​", affirme son avocat, maître Clément Muza Kayembe​.

La Coalition Article 64 se mobilise depuis Rome

Cette arrestation intervient alors que plusieurs responsables de la Coalition Article 64 sont réunis à Rome. Ils y harmonisent leurs positions et préparent une série de rencontres avec des partenaires européens. ​

L'opposant Martin FayuluImage : Wiktor Dabkowski/ZUMA/IMAGO

​"Ça va renforcer davantage le calendrier et l’agenda de la réunion des leaders de la C64 parce qu’ils vont constater que l’espace politique continue davantage à être pollué et fermé à l’opposition." Prince Epenge n’a jamais été contre la République. C’est un opposant non armé qui n’a que sa bouche et qui ne fait que demander le respect de l’ordre constitutionnel​" explique à la DW Augustin Bisimwa, membre de la Coalition de gauche et de la C64.

L'interpellation de Prince Epengene fera que renforcer la détermination du mouvement.

​De nouvelles interrogations sur les libertés politiques

Au-delà du cas de Prince Epenge, cette affaire relance le débat sur les libertés politiques en République démocratique du Congo. Elle survient en effet deux mois après l’arrestation de Marley Vuvu, président du Mouvement des révolutionnaires congolais (MRC), et intervient au moment où les autorités évoquent l’organisation prochaine d’un dialogue national.

Manifestations contre une éventuel révision de la Constitution en RDCImage : Paul Lorgerie/DW

Pour le professeur Jules Nyanza, enseignant à l’université de Goma, cet épisode s’inscrit dans une longue tradition de tensions entre le pouvoir et l’opposition.

​"Ce n’est pas la première fois, ni la dernière, que les opposants sont inquiétés en République démocratique du Congo. Malheureusement, ceux qui étaient dans l’opposition, hier, sont au pouvoir et ils sont dans les mêmes pratiques que leurs prédécesseurs. La situation n’a pas changé depuis l’indépendance du Congo".

Une figure connue de l’opposition congolaise​

Président de l’Action pour la démocratie et le développement du Congo, l’ADD Congo, et porte-parole de Lamuka, Prince Epenge figure parmi les voix les plus en vue de l’opposition congolaise. Il est notamment associé à la Coalition Article 64 et s’est illustré ces derniers mois par son opposition au projet de révision constitutionnelle soutenu par le pouvoir.

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