Souvenirs émus des habitants, un an après la chute de Goma
27 janvier 2026
Ayant passé toute la journée du 26 janvier 2025 dans leurs maisons, ce n’est que tard dans la journée du 27 janvier que les plus courageux ont osé sortir, au prix de leur vie, pour chercher des vivres et de l’eau potable. Ils ont alors découvert des rues désertes et encombrées de cadavres.
"C’était vraiment compliqué ce jour-là. On est restés enfermés dans nos maisons, il était impossible de sortir. Des balles et des obus fusaient au-dessus de nos toits. Ce n’est que quand il y a eu une petite accalmie que nous avons pu sortir pour chercher à manger, afin de ne pas mourir de faim" se souvient Rehema Kazingufu, une habitante de Goma.
Grave crise humanitaire
La ville de Goma s’est alors retrouvée dans une grave crise humanitaire, avec au moins 3 000 morts, selon les Nations unies.
À ceci, s'ajoutent des dizaines de femmes violées et une insécurité sans précédent, à la suite de l’évasion des détenus de la prison de Munzenze.
D'après Mwende Kanane, un acteur humanitaire, "les organisations humanitaires, surtout la Croix-Rouge, passaient avec les ambulances disponibles pour ramasser les corps qui jonchaient les rues. La situation humanitaire était très complexe, il y a eu même des cas de viols dans la prison, avant l’évasion des prisonniers".
À la recherches des proches disparus
Une fois que les combats ont cessé, pendant que certains habitants pleuraient leurs morts, d’autres étaient encore à la recherche de leurs proches disparus.
Feza Alimasi a ainsi mis une semaine à retrouver son fils de 25 ans, heureusement encore en vie.
"Pendant ces sept jours, je n'ai pas pu manger. J'ai eu une joie immense de le voir revenir et j’ai rendu grâce à Dieu, car sans l’aide de Dieu, je n'aurais jamais revu mon fils" témoigne-t-il.
Grâce Kubuya lui, a été blessé par une balle perdue. Chauffeur de taxi-moto, il explique avoir été touché alors qu’il retournait chez lui.
"Je revenais du village de Kibati et soudain, j’ai été touché par une balle à la jambe. Il y avait beaucoup de sang et on m’a conduit à l'hôpital général. Mais actuellement, je peux marcher et travailler. Je vais mieux déjà".
Goma était donc une ville meurtrie, en janvier 2025. Désormais, celle-ci se relève peu à peu, malgré une situation économique difficile et alors qu’elle reste sous administration des rebelles del’AFC-M23.