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Goma, une ville coupée du système bancaire

23 octobre 2025

Depuis la chute de Goma, toutes les banques commerciales ont fermé, privant les habitants de canaux officiels pour épargner, payer ou transférer leur argent.

Goma - Le marché noir des cambistes
Depuis l’arrivée du groupe armée M23, soutenus par le Rwanda, dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, les banques et coopérative sont fermées. Une situation qui complique les opérations monétaires pour les quelque deux millions d'habitants de Goma.Image : Simon Maina/AFP

Avec la prise de la capitale du Nord-Kivu Goma par la rébellion de l’AFC-M23 en janvier dernier, la ville est totalement isolée du système bancaire national.

Toutes les grandes institutions financières ont fermé, laissant la population sans moyens officiels pour épargner, transférer ou sécuriser son argent. Cette situation a plongé l’économie locale dans une forte incertitude, accentuant la dépendance aux transactions en espèces.

Difficile relance bancaire

En avril, les autorités rebelles ont tenté de relancer les activités économiques en rouvrant la Cadéco, la Caisse générale d’épargne du Congo, une institution publique censée faciliter les transactions locales. Mais cette initiative ne rencontre pas la confiance des habitants.

"Je ne trouve pas l’intérêt d’y mettre mon argent, le système peut changer à tout moment et la Cadéco n’est pas reconnue internationalement", a déclaré un habitant de la ville.

Les habitants et les opérateurs économiques de la ville de Goma s'inquiètent du manque de liquidités sur le marché.Image : Jesko Johannsen

Une autre ajoute : "Je ne peux pas déposer mon argent dans une banque déclarée illégale par le gouvernement central. Il vaut mieux être prudent et garder son argent par d’autres moyens."

Et un troisième explique qu’il n’a pas de compte à la Cadéco "parce que je n’ai rien à épargner et que je n’ai jamais fait confiance à cette banque, ce n’est pas lié à la rébellion."

Une économie en difficulté

La méfiance envers la Cadéco a des conséquences directes : les transactions se font désormais illégalement, via les cambistes, en espèces ou par transferts mobiles aux taux très fluctuants. Cette désorganisation monétaire fragilise une économie déjà affectée par l’insécurité et favorise la fuite des capitaux vers des circuits informels, parfois même vers le Rwanda voisin.

L’analyste économique Daddy Saleh explique qu’« Économiquement, il y a un manque. Ça coupe le circuit financier. Si cela persiste, l’argent va chercher d’autres voies, parfois à Gisenyi ou ailleurs, pas toujours légales. »

Avant la chute de Goma, la majorité des transactions se faisaient déjà en liquide. La coupure avec le système bancaire national a accentué ce phénomène : les habitants ont désormais le choix entre conserver leur argent chez eux ou le transférer par des circuits informels plus ou moins fiables.

 

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