Une conférence pour parler de paix et de prospérité
30 octobre 2025
Cette rencontre a rassemblé une cinquantaine de pays et d'organisations internationales. L'objectif est de relancer les initiatives de paix dans une région marquée par des conflits persistants et de répondre à la crise humanitaire qui frappe l'est de la République démocratique du Congo.
Cette conférence vise également à soutenir les médiations en cours, menées à Washington, Doha et par l'Union africaine. Le président congolais Félix Tshisekedi est présent à Paris, tandis que les présidents rwandais, ougandais et burundais sont, pour leur part, absents.
L'enjeu régional de la conférence
Selon Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères, co-président de l'événement, la situation en RDC "n'est pas seulement une crise congolaise, c'est une crise régionale".
Il estime également que ce qui se passe sur place "c'est un échec collectif de la communauté internationale à garantir la paix et la dignité humaine, là où elles devraient être des droits fondamentaux".
Prenant part à ce forum, Josaphat Musamba, doctorant à l'Université de Gand, en Belgique, analyse le rôle et l'impact potentiel de ce forum.
Il ne pense pas que "cette conférence va ramener la paix" mais estime qu'on "peut toutefois partager les expériences des initiatives qui ont été financées et mises en place dans les mêmes pays, au niveau local, par les États, par les partenaires, pour résoudre les conflits, prévenir les conflits, ou alors des initiatives dans les questions environnementales, les questions de durabilité, les questions minières".
Ce que dit la société civile congolaise
Du côté des communautés affectées, Dieudonné Lossadhekana, président de la société civile dans la province de l'Ituri, rappelle que la voix des populations locales est souvent absente de ces grandes conférences internationales.
"La communauté locale n'est pas représentée dans cette conférence. Ce sont des conférences où les grandes personnalités se sont réunies.Malheureusement, on oublie le bas-peuple, la représentation de la population, qui est la société civile" déplore Dieudonné Lossadhekana.
"Nous demandons aux conférenciers qui se sont réunis à Paris de réagir sur l'est de la République démocratique du Congo, mais qui dit l'Est ne dit pas seulement le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.On doit également, et impérativement, venir en Ituri, où la population est en détresse" précise-t-il par ailleurs.
À Paris, la communauté internationale se réunit pour discuter de paix et de prospérité, mais pour les habitants de l'est de la RDC, lassés par les discussions politiques, le rétablissement de la paix est une urgence très concrète, dans une région endeuillée par trois décennies de guerre.
Une aide de plus d'un milliard
Le président français Emmanuel Macron a annoncé une aide internationale de plus d'1,5 milliard d'euros pour la région des Grands Lacs, dans le cadre du plan de réponse humanitaire des Nations Unies.
"Aujourd'hui, ensemble, nous avons franchi une étape et je suis fier d'annoncer que vous avez collectivement mobilisé plus de 1 milliard et demi d'euros d'assistance pour les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré en clôturant la rencontre, précisant qu'il s'agit d'apporter notamment médicaments et nourriture.
Il a par ailleurs annoncé la réouverture de l'aéroport de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), pour des vols humanitaires "dans les prochaines semaines" ainsi que des couloirs humanitaires sécurisés pour l'acheminement de l'aide.