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Ebola : le travail communautaire freine la contamination

14 août 2026

En Ituri, épicentre de l'épidémie d'Ebola, la prévention doit passer à un niveau supérieur pour endiguer la maladie.

RDC Bunia 2026 | Un agent de santé en costume de protection écarte les bras (photo du  11 août 2026)
L'OMS réclame d'impliquer davantage les communautés dans la préventionImage : Dieudonne Dirole/AP Photo/picture alliance

En République démocratique du Congo, l'épidémie d'Ebola a franchi la barre des 2 100 décès, dont environ 80 % se concentrent dans la province de l'Ituri, selon les chiffres officiels qui sont largement sous-estimés. L'Organisation mondiale de la santé estime ainsi qu'une part importante des cas échappe à la surveillance.

Cette sous-estimation des chiffres s'explique par les difficultés à identifier les malades, par manque de moyens, mais aussi en raison de la résistance face à cette maladie, dont certaines communautés continuent de nier l'existence.

Devant l'urgence, l'Organisation mondiale de la Santé a appelé à revoir la stratégie de lutte sanitaire pour mieux couper la chaîne de contamination.  

A Bunia, le quotidien est un risque

Isaac Bakuma est taximan moto dans la ville de Bunia. Chaque course devient pour lui un risque.  

Il témoigne de la méfiance qui s'installe entre les habitants : « Ebola a perturbé notre quotidien. La façon dont les gens meurent ici fait peur. Nous commençons à nous méfier de nos clients, car on ne sait plus qui est malade, ou pas. »

Le dernier bulletin du ministère de la Santé, en date du 11 août, fait état de 2 128 décès pour 4 566 cas confirmés.  

L'Organisation mondiale de la Santé veut changer d'approche

Le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, Mohamed Janabi, confirme que les autorités n'ont de visibilité que sur un tiers des cas, ce qui suggère une sous-détection importante : « La situation d'Ebola est catastrophique. En trois mois, nous n'avons eu accès qu'à un tiers de la situation. Il faut qu'on s'asseye, qu'on se pose des questions difficiles et qu'on change d'approche. »

Désormais, l'urgence est de lancer des campagnes de détection au sein des communautés pour identifier au plus vite les malades et les cas contact.

Certains centres de traitement ont été attaqués par des proches des victimes d'EbolaImage : Dieudonne Dirole/AP Photo/picture alliance

Le constat est alarmant : depuis une semaine, la moyenne des décès s'établit à 30 personnes par jour. Et beaucoup de Congolais meurent en silence, sans avoir été identifiés.

Ce sont surtout les zones de santé de Djugu et Mambasa qui paient le plus lourd tribut. D'après la docteure Gisèle Mbuyi, chargée de la surveillance des cas, les équipes sanitaires doivent affronter plusieurs obstacles.

« La méfiance envers les équipes de riposte (explique) la résistance, estime le Dr. Gisèle Mbuy. La riposte prend du retard. Or, on doit faire beaucoup de choses dans les 48 heures après un cas confirmé, lister les contacts, décontaminer le lieu. »

Aller au-devant des communautés

Pour tenter d'inverser la tendance, le docteur Steve Ahuka, responsable de la riposte en Ituri, mise désormais sur le travail au sein des communautés. : « Avec les nouvelles stratégies, nous allons travailler sur ces défis. Augmenter la sensibilisation dans toutes les zones, avec les autorités politico-administratives, les chefs, les jeunes et toutes les forces vives. »

À cela, s'ajoute la colère des personnels soignants. Ce jeudi 13 août, les infirmiers et hygiénistes du Centre de traitement Ebola de Nizi ont manifesté. Ils réclament trois mois d'arriérés de primes de prestation.  

Une situation qui se répète dans presque tous les centres de traitement de la région. Non payé et manquant de moyens, le personnel soignant congolais est donc en première ligne et beaucoup de ses membres meurent de la maladie.

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