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RDC : pourquoi Joseph Kabila et Sultani Makenga se rapprochent-ils ?

22 octobre 2026

Le rapprochement entre l’ancien président Joseph Kabila et Sultani Makenga, chef militaire du M23, suscite interrogations et réactions contrastées.

Joseph Kabila (au centre), Sultani Makenga (à droite et  Corneille Nangaa à gauche
Joseph Kabila (au centre), Sultani Makenga (à droite et Corneille Nangaa à gaucheImage : Jospin Mwisha/AFP

En 2012, les deux hommes se trouvaient pourtant dans des camps opposés : le M23 combattait alors le pouvoir de Joseph Kabila, qu’il accusait notamment de ne pas protéger les populations tutsies.

Comment expliquer ce rapprochement, plus de dix ans après leur confrontation ? Alliance de circonstance ou convergence d’intérêts ? 

C’est un rapprochement qui interroge. Joseph Kabila et Sultani Makenga, autrefois adversaires, semblent désormais évoluer dans un même environnement politique. En 2012, le chef militaire du M23 accusait le pouvoir congolais de l’époque de ne pas protéger les populations tutsies. Comment expliquer ce changement de position ?

Au sein de la communauté Banyamulenge, cette évolution ne fait pas l’unanimité. Enock Sebineza, président de la communauté banyamulenge de Kinshasa, estime que ce rapprochement entre Joseph Kabila et le M23 profite avant tout à Kigali.

Les explications de Saleh Mwanamilongo

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Selon lui, "le président Kabila avait radié monsieur Makenga à l'époque de l'armée. Est-ce qu’il y a convergence d'intérêts ? Oui, je crois. L'intérêt qui est là, c'est d'abord l’intérêt du Rwanda. Malheureusement pour nous, on est doublement victime. On est victime comme tous les Congolais [des rébellions], mais aussi, on est victime puisque les autres Congolais pensent que nous sommes devenus le pont par lequel le Rwanda passe pour commettre des crimes au Kivu".

Convergence politique

D’autres voix au sein de la communauté tutsie congolaise voient au contraire dans cette évolution une convergence politique, dans un contexte où les alliances se recomposent au gré des rapports de force.

Tite Gatabazi, membre de la communauté tutsie de RDC, estime que Joseph Kabila et le M23 partagent désormais certaines critiques à l’égard du pouvoir de Kinshasa.

"Je crois que ce rapprochement répond à une convergence de vues et d'intérêts sur la gouvernance de la République démocratique du Congo. Le M23 est né des suites des persécutions des tutsis congolais. Ensuite, est venu l'AFC/M23 et aujourd'hui, on voit bien que dans les déclarations de l'ancien président Kabila, il dénonce les dérives du régime de Kinshasa" analyse  Tite Gatabazi.

Que révèle cette recomposition des alliances?

Pour David Lubo, sociologue et professeur d’université, elle ne traduit pas nécessairement une réconciliation politique ou idéologique.

"Même les communautés dont les leaders rebelles sont ressortissants ne partagent pas le même point de vue avec leurs fils. Parce que diviser la nation congolaise, aujourd'hui, apparaît comme un scandale, parce que la conscience nationale existe bel et bien. Cette alliance [Kabila-Makenga] n'aura pas d'effet sur la cohabitation entre les communautés".

Dans l’est de la RDC, profondément marqué par des décennies de conflits et de tensions communautaires, cette recomposition politique pose toutefois une question plus large : celle de son impact sur la cohésion sociale et sur les perspectives de paix.

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