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RDC : une rencontre qui fait grincer des dents à Kinshasa

16 octobre 2025

Alors que l'ex président Joseph Kabila a rencontré, à Nairobi, plusieurs opposants congolais, le pouvoir à Kinshasa dénonce une tentative de déstabilisation avec la complicité du Kenya.

L'ex président congolais Joseph Kabila lors d'une rencontre.
La rencontre de Nairobi entre Joseph Kabila et des opposants congolais s'est soldée par la création d'un mouvement dénommé "Sauvons la République démocratique du Congo".Image : Arlette Bashizi/REUTERS

Les participants à la rencontre de Nairobi qui s'est soldée par la création d'un mouvement dénommé "Sauvons la République démocratique du Congo" ont choisi Joseph Kabila comme président.   

Parmi les opposants présents figurent l'ancien Premier ministre Matata Ponyo, condamné, en mai dernier, à dix ans d'emprisonnement pour détournement de fonds publics, et Seth Kikuni, ancien candidat à la présidence de la République, récemment libéré de prison après avoir purgé une peine d'un an pour "incitation à la désobéissance civile”, lors d'une réunion avec les militants de son parti, à Lubumbashi. 

Des opposants de plus grande envergure, comme Moïse Katumbi et Martin Fayulu, n'ont toutefois pas fait le déplacement. 

Une rencontre considérée comme une provocation

La rencontre a été voulue pour lancer un mouvement commun de "lutte contre la dictature”, selon Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, le PPRD, de Joseph Kabila.

"Il faut appeler à la fin de la tyrannie, à la fin de la dictature dans notre pays. Notre pays n'en a plus besoin. Notre pays n'a plus besoin de la guerre avec des dirigeants incompétents qui ne font rien pour soulager la misère du peuple" a assuré à la DW Ferdinand Kambere. Selon lui "le grand Congo mérite encore des dirigeants qui peuvent penser non seulement à la souveraineté, à la sécurité, mais aussi, au bien-être de la population à travers toutes les provinces".

Mais pour le pouvoir de Kinshasa, la rencontre de ces opposants, autour de l'ancien président Joseph Kabila, est considérée comme une provocation. L'Union pour la démocratie et le progrès social, l'UDPS, y voit une tentative de déstabiliser la RDC. 

Le parti du président Félix Tshisekedi critique aussi le Kenya qui a accepté d'accueillir une telle rencontre.

Ecoutez les explications de Jean-Noël Ba-Mweze

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"Un condamné à mort qui se donne le luxe d'organiser des rencontres à l'étranger, c'est une insulte à la mémoire des victimes du M23" estime ainsi Christian Lumu Lukusa un cadre de l'UDPS pour qui "ce défi est lancé contre la justice congolaise". Il parle par ailleurs de "complot orchestré avec la complicité du président kényan".

Christian Lumu Lukusa rappelle également que "c'est la deuxième fois, car le mouvement terroriste AFC-M23 avait déjà été créé à Nairobi". Il dit inviter le gouvernement à "en tirer toutes les conséquences".

Joseph Kabila a été condamné à mort, le 30 septembre dernier, notamment pour trahison et crimes de guerre. Une peine dont l'exécution semblait difficile, car l'ancien président a été jugé par contumace. 

Le rôle du Kenya

S'il était jusqu'alors difficile de déterminer sa localisation de Joseph Kabila, celui-ci vient de se signaler finalement à Nairobi. Mais la question de son arrestation pose toujours un problème. 

"A ma connaissance, il n'y a pas de mandat d'arrêt international lancé contre lui. L'idée de son extradition peut ne pas être possible, parce que pour être arrêté et extradé, il faut qu'il y ait un mandat d'arrêt international lancé contre lui. Ce préalable n'est pas rempli, à notre connaissance. Le Kenya ne peut donc pas, d'autorité, l'arrêter" explique l'expert en droit pénal international Oswald Bafunyembaka.

Ce n'est pas la première fois que le Kenya abrite des rencontres d'opposants congolais. Outre la rencontre que vient d'organiser Joseph Kabila et la création de l'Alliance fleuve Congo par Corneille Nangaa, en décembre 2023, c'est aussi à Nairobi que Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, alors opposants à Joseph Kabila, avaient signé, en novembre 2018, un accord créant le Cap pour le changement, le Cach, une alliance entre l'UDPS de Félix Tshisekedi et l'Union pour la nation congolaise, l'UNC, de Vital Kamerhe.