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RDC : le lancement du FRN de Kabila fragilise les accords de paix

15 octobre 2026

Alors que les combats se poursuivent dans l’est de la RDC, Joseph Kabila lance un nouveau mouvement, le FRN, qui remplace l'AFC/M23. Ce qui soulève des interrogations sur l’avenir des accords de Doha et de Washington.

RDC, Goma 2026 | Joseph Kabila lors de la création du FRN, un mouvement politico-militaire qui remplace l'AFC/M23.
Alors que sur le terrain, le cessez-le-feu peine à se concrétiser, la création du FRN, qui remplace l’AFC/M23, vient aggraver la crise.Image : Jospin Mwisha/AFP

Alors que les combats se poursuivent dans l’est de la République démocratique du Congo, Huang Xia, l'envoyé spécial du secrétaire général del'Onu pour la région des Grands Lacs, a affirmé qu'il existait "une fenêtre d'opportunité" pour parvenir à la paix.

Une déclaration faite le mardi au Conseil de sécurité des Nations unies, quelques heures après que l’ancien président congolais, Joseph Kabila, a lancé un nouveau mouvement rebelle, le Front pour la refondation de la Nation, le FRN.
Un mouvement qui vient remplacer l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda. Ce qui suscite des interrogations sur l’avenir des accords de Doha et de Washington.

L’UDPS exige le retrait rwandais et met Kabila en garde 

L’envoyé spécial de l’Onu pour la région des Grands lacs, Huang Xia, a évoqué des progrès notables dans les efforts diplomatiques menés par les Etats-Unis et le Qatar. Il a ainsi appelé les différentes parties à traduire leurs engagements en actes concrets.

Alors que sur le terrain, le cessez-le-feu peine à se concrétiser, la création du FRN, qui remplace l’AFC/M23, vient aggraver la crise. L’Union pour la démocratie et le progrès social, l’UDPS, du président Félix Tshisekedi, précise qu’il n’y a pas d’autre solution que le retrait du Rwanda du territoire congolais. 

L'UDPS souligne que la solution à la crise c'est le retrait des troupes rwandaises. Elle lance un avertissement à Joseph Kabila.Image : Andrew Caballero-Reynolds/AFP

“La solution, elle est unique. Il s’agit du retrait par monsieur Paul Kagame de ses troupes qui occupent le territoire congolais, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies", précise Déo Bizibu, secrétaire général de l’UDPS désigné par la convention du parti, avant d'avertir que faute de cela "le peuple congolais et son armée finiront par prendre le dessus sur les envahisseurs, avec, comme conséquence, à l’allure où vont les choses, que monsieur Kabila Kabange pourrait subir le sort de l’ancien rebelle angolais, Jonas Savimbi.”

La création du FRN menace les accords de Doha

Mais au-delà des déclarations et des engagements diplomatiques, la vraie question reste la voie du retour à une paix durable. Certains analystes, comme le politologue Hubert Kabasubabo, s’interrogent sur l’avenir des accords signés par l’AFC/M23, désormais dissoute et remplacée par le FRN.

“On retourne à la case départ. En réalité, Kabila, qui sait qu’il ne pourra pas marcher sur Kinshasa, va utiliser simplement le personnel militaire et l’arsenal militaire de l’AFC/M23 pour se positionner pour une négociation avec Tshisekedi. Tout va recommencer à zéro avec le Front pour la refondation de la nation. Et donc, les accords de Doha vont être caduques, même si leur contenu peut être exploité, mais avec comme interlocuteur le Front pour la refondation de la nation de Kabila.”

Par ailleurs, l’Onu annonce une réunion régionale le 18 octobre en Zambie. Reste à savoir si cette nouvelle concertation permettra de rapprocher les positions et, surtout, de finalement mettre fin à la guerre qui ravage l’est de la RDC.

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