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En RDC, les ADF attaquent les églises

Pascal Mapenzi
9 février 2026

Dans le Focus RDC du jour, un reportage dans la paroisse de Masoya, en RDC. Les rebelles ADF s'en prennent aux églises et font fuir les fidèles du Nord-Kivu et de l'Ituri.

RDC Oicha 2025 |Des ruines fumantes après une attaque à Oicha, dans le Nord-Kivu (archive d'août 2025)
Les patrouilles de l'armée congolaise ne parviennent pas à empêcher les attaques des ADFImage : Shi Yu/Xinhua/picture alliance

Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’insécurité atteint un nouveau seuil critique. Les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) intensifient leurs attaques contre les populations civiles, ciblant désormais directement les lieux de culte. Dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, les églises brûlent, les fidèles fuient et les paroisses se vident.

Suivez notre Focus RDC du jour ci-contre :

Une paroisse entièrement désertée à Masoya

Depuis le 26 janvier 2026, la paroisse catholique Saint Jean-Paul II de Masoya, dans le territoire de Lubero, a fermé ses portes. Son curé, l’abbé Jonathan Kambale, témoigne d’une situation dramatique : "La paroisse est vide. Mes chrétiens ne sont pas là, tout le monde est parti."

Selon lui, au moins 8 000 fidèles se sont déplacés après une série d’attaques attribuées aux ADF. Depuis le début de l’année, les rebelles ont incendié des églises et des bâtiments paroissiaux dans près de six secteurs sur sept. La dernière attaque, dans la nuit du 25 janvier à Musenge, a failli coûter la vie à un prêtre, qui a échappé de justesse à l’incendie de la maison d’accueil.

La peur au sein des communautés chrétiennes

À Njiapanda, près de Mangurejipa, les messes ne rassemblent plus que quelques fidèles, contre des centaines auparavant. La peur d’être attaqué pendant les offices est devenue omniprésente :

"Beaucoup ne viennent plus à l’église par peur d’y être tués."

Selon la société civile, au moins 80 civils ont été tués en janvier 2026 dans plusieurs localités du territoire de Lubero.

Les ADF sèment la terreur et la désolationImage : Stringer/REUTERS

Des opérations militaires jugées inefficaces

Vianney Kitswamba, du Comité de protection communautaire de Lubero, dénonce l’"inaction" des forces armées congolaises (FARDC) et ougandaises (UPDF), pourtant engagées dans des opérations conjointes contre les ADF : "Comment comprendre que les ADF tuent librement les civils sous l’œil impuissant des agents de sécurité ?"

Des attaques récurrentes depuis plusieurs années

Les violences contre les lieux de culte ne datent pas d’hier. En septembre 2025, 71 personnes ont été massacrées lors d’une veillée mortuaire à Ntoyo. Deux mois plus tard, 18 patients ont été tués dans l’hôpital de Biambwe. Et en juillet 2025, 43 fidèles ont été assassinés lors d’une veillée de prière à Komanda, en Ituri.

Selon l’avocat Fidèle Andera, ces attaques répondent à une stratégie de terreur :

"Les ADF veulent pousser les communautés chrétiennes au désespoir et semer la colère contre une armée incapable de les protéger."

De nouvelles attaques début février

Le 1er février, deux villages près d’Oicha, dans le territoire de Beni, ont été attaqués simultanément. Plusieurs agriculteurs ont été tués, et le bilan exact reste inconnu.

L’armée congolaise estime que ces violences constituent une "vengeance" contre les civils après la mort de 13 soldats congolais dans une embuscade en Ituri.

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