RDC : les "petits" commerces réservés aux Congolais
12 mai 2026
Entre les étals bondés et les boutiques ouvertes, le grand marché de Kinshasa vit à son rythme quotidien. La cohabitation entre marchands congolais et étrangers semble ne pas être altérée, malgré l’annonce du gouvernement.
Il suffit cependant de questionner un détaillant pour se rendre compte des ressentiments. Yannick Kabamba est l’un d’entre eux.
"Les grands commerçants sont également devenus des détaillants. Ils ne sont plus grossistes. Les Guinéens, les Maliens, les Sénégalais, les Indiens, les Chinois... Nous vendons tous au détail. Un prix refusé à un client, eux, ils le prennent pour le même produit. C’est parce qu’ils étaient en Turquie, en Chine, à Dubaï, mais nous n'avons pas cette capacité-là" explique-t-il.
Des commerçants étrangers pointés du doigt
Souza, une commerçante, accuse, sans donner de preuve, ces commerçants étrangers de ne pas avoir de factures de leurs achats.
"La facture d’achat qu’ils utilisent pour acheter à l’étranger, en Chine, en Italie, nous ne l’avons jamais vue. Ils les cachent, pourquoi ? C’est pour nous vendre les marchandises sans norme. Ils doivent être contrôlés de près. Il y a aussi les salaires qu’ils donnent à leurs travailleurs. Nous, Congolais, nous sommes exploités" soutient Souza.
Un commerçant nigérian, qui préfère taire son nom, explique toutefois qu’ils sont, comme tous les autres, soumis aux contrôles et aux versements des taxes.
"Nous vendons en gros et en détail. À un moment, les agents qui demandent des taxes viennent vers nous aussi : la DGRK, la DGI, le ministère de l’Économie, etc. Je suis à Kinshasa depuis trois ou quatre ans, je vends des habits et ça se passe bien".
Accroissement des contrôles et de la corruption
Selon l'économiste Goldwin Mbwinga,
Toutefois, cette mesure souverainiste en vigueur dans les années 70 maintient une ouverture pour les investissements internationaux dans le commerce de détail spécialisé, avec une plus forte capitalisation, tels que les supermarchés, les concessions automobiles ou l'hôtellerie.