RDC : l’opposition dénonce une répression meurtrière
17 septembre 2026
En République démocratique du Congo, la répression des manifestations de l’opposition est devenue récurrente, même quand ces manifestations sont autorisées par les autorités. Ces rassemblements sont souvent marqués par des violences, dont l’opposition et le pouvoir s’accusent mutuellement.
C’était le cas de la marche de la Coalition Article 64, la C64, organisée mardi dernier contre le projet de changement de la Constitution. La manifestation a été réprimée par la police dans différentes villes du pays. La C64 fait état d’arrestations, de blessés et même de morts.
La C64 accuse le pouvoir de violences
La C64 accuse le gouvernement congolais d’avoir prémédité les violences contre les manifestants. Elle affirme qu’à la police nationale, déployée dans les rues de la capitale, se sont joints des membres de la Force du progrès, un mouvement de jeunes, associé à l’Union pour la démocratie et le progrès social, l’UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi.
"Nous n’avons pas compris, nous qui étions à mains nues, comment les gens qui sont à mains nues peuvent-ils être l’objet d’un tel traitement qui donne lieu à une violence inexpliquée et qui débouche sur des morts", dénonce Francklin Tshiamala, secrétaire général du Leadership pour la gouvernance et le développement, le LGD, de l'opposant Augustin Matata. Il affirme qu’il y a eu des morts, mais sans en préciser le nombre.
"Parmi les morts, on trouve le garde du corps de Prince Epenge qui est décédé de ses blessures et il y en a beaucoup comme ça." Prince Epenge est le responsable de l'Action pour la démocratie et le développement au Congo, l'ADD Congo.
L’UDPS conteste les accusations de l’opposition
Ces accusations sont toutefois contestées par le parti présidentiel. Adolphe Amisi Makutano, cadre de l’UDPS, parle d’une manifestation qui a échoué à atteindre ses objectifs.
Christian Lumu Lukusa, vice-président de la Ligue des jeunes de ce parti, reconnaît qu’il y a eu des incidents, mais il qualifie de mensongères les accusations de l’opposition.
« Il y a eu des gaz lacrymogènes et des affrontements. Mais les circonstances et les responsabilités doivent être établies objectivement. Nous constatons tous que la marche de la fameuse opposition s’est soldée par un échec cuisant. Affirmer encore, pour la énième fois, que la police et la Force du progrès se sont unies... J’invite les services de sécurité à mener plus d’enquêtes. »
La société civile dénonce l’impunité
La société civile s’interroge sur le silence des autorités face aux actions souvent violentes de la Force du progrès.
« Pourquoi ces éléments de la Force du progrès continuent de bénéficier des immunités de fait, de la complaisance de la police, et même de la justice ? Comme si la justice elle-même devrait attendre l’aval de l’UDPS pour ouvrir les actions publiques contre ces délinquants », s'étonne Carlos Mupili, président du Conseil suprême de la société civile.
Le 12 juin dernier, un sit-in de la C64 contre la loi sur le référendum s’était déjà soldé par des violences similaires, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés.