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Les creuseurs de Mulondo veulent retourner à la mine

Lilas Nyota
20 novembre 2025

Malgré l'autorisation délivrée par le ministère congolais des mines, l'armée continue de bloquer le site de Mulondo, touché par un éboulement.

Un homme montre une pierre de cobalt extraite d'une mine de la région de Kolwezi, en RDC (archive de 2022)
L'armée bloque l'entrée du site minier, au grand dam des creuseursImage : JUNIOR KANNAH/AFP/Getty Images

Dans le sud de la RDC, malgré l'autorisation formelle du ministre national des Mines, Louis Watum, les creuseurs artisanaux du site de Mulondo, près de Kolwezi, ne peuvent pas retourner sur leur lieu de travail. 

L'accès à la concession, théâtre d'un drame récent ayant coûté la vie à près de 40 mineurs, est désormais bloqué par des militaires. Tandis que les creuseurs, par la voix de leur président Patrick Kalonji, dénoncent une présence illégale et le non-respect, par la société Pajeclem qui exploite le site, des autorisations accordées aux mineurs. 

Le dilemme des minerais critiques en Afrique

03:50

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Mercredi matin, les mineurs artisanaux du site de Mulondo se sont réveillés avec l'assurance de reprendre leurs activités, à la suite de l'autorisation qui leur a été accordée par le ministre national des Mines, Louis Watum.

Mais l'accès au site minier de Mulondo, dans le village de Kawama, à plus de 50 km de Kolwezi, est toujours impossible, en raison de la présence de militaires qui en interdisent l'entrée.

30 000 mineurs bloqués

Patrick Kalonji, président des creuseurs artisanaux, fait part de l'inquiétude de ses collègues : "Nous étions censés faire entrer les creuseurs pour qu'ils commencent leur activité, mais nous sommes étonnés de voir la présence de la garde républicaine qui empêche encore les creuseurs d'exploiter. Pour nous, ils sont là illégalement. Nous regrettons que la société Pajeclem ne respecte pas les autorités provinciales, ni même les autorités nationales. Le ministre a dit : "Restez sur le site et travaillez avec la SAEMAPE (Service d'assistance et d'encadrement de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle, ndlr)"." 

La société exploitant le site, la Pajeclem Congo Consulting, affirme que cette concession lui a été cédée par l'entreprise minière congolaise Chemaf, Chemical of Africa, depuis juillet 2025. 

Mais Guylain Kasongo, l'avocat de Pajeclem, rappelle toutefois que le site de Mulondo n'est pas un site d'exploitation ouvert aux creuseurs artisanaux : "Il ne faut pas prêter attention à ceux qui vous disent que cette concession est une Zone d'exploitation artisanale, affirme Guylain Kasongo. C'est faux et archi-faux. Il n'existe jamais un arrêté qui a consacré une Zone d'exploitation artisanale sur cette concession-là. La concession est aujourd'hui couverte par un permis d'exploitation. C'est la concession qui est enregistrée aujourd'hui sous le numéro 2116."

Les exploitants artisanaux ont pourtant mis en avant leur autorisation d'exercer le week-end, qui aurait été accordée par l'entreprise Chemaf, en 2011. 

Le jour du drame du 15 novembre, un samedi, des centaines de mineurs artisanaux étaient, en effet, présents sur le site.

L'ordre du ministre

Le ministre national des mines, Louis Watum, a ordonné que les activités sur le site de Mulondo se poursuivent, en dépit de la catastrophe :

"Ce deuil doit aussi nous faire réfléchir sur notre problématique de l'artisanat minier, a-t-il ainsi déclaré. Nous avons décelé vos préoccupations, vos attentes, notamment en ce qui concerne les zones d'exploitation viables à mettre à votre disposition. C'est ainsi qu'à ce jour, nous avons pu, avec nos services, délimiter et identifier 64 Zones d'exploitation artisanale."

La validation de ces 64 zones est un long processus qui devrait être encadré par la SAEMAPE, un organisme gouvernemental chargé d'apporter une assistance technique aux coopératives minières. 

C'est une aubaine pour les plus de 30 000 creuseurs répertoriés sur le site de Mulondo, comme le rappelle Patrick Kalonji qui dit "merci au gouvernement pour avoir été présent sur ce site." Par illeurs, il demande "au gouvernement de retirer les militaires des sites miniers".

Le 15 novembre, le site minier de Mulondo, dans le village de Kawama, a été le théâtre d'un drame. Près de 40 exploitants artisanaux ont perdu la vie et d'autres ont été grièvement blessés lors d'une scène qui a débuté par des coups de feu tirés par les hommes de la Garde républicaine.

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