RDC : la mobilité, un casse-tête pour la lutte contre Ebola
19 août 2026
Dans l’est de la République démocratique du Congo, les mouvements de population sont une des causes de la propagation rapide de l'épidémie d’Ebola.
Une situation que déplore des acteurs de la riposte comme Medair, une organisation internationale qui fournit une aide d’urgence dans les zones de crise et soutient des structures sanitaires dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Le docteur Pierre-Olivier Ngadjole, son conseiller en santé, plaide pour le renforcement des mesures de contrôle au niveau des points d’entrée des grandes villes.
Selon lui, plusieurs personnes suspectées ou confirmées positives ont échappé au suivi des équipes de la riposte, notamment en raison de leurs déplacements entre les deux provinces : "On a beaucoup de personnes qui ont été suspectes, qui ont été confirmées, mais qui ont disparu. Qu’on ne sait plus retrouver. Ces personnes sont en déplacement entre la province de l’Ituri et du Nord-Kivu."
Cette ruée vers l’or qui complique la lutte contre Ebola
Le problème est particulièrement complexe autour de Mungbwalu, présenté comme l’épicentre de l’épidémie actuelle. Cette zone minière attire quotidiennement des commerçants et d’autres populations venant de différentes régions, notamment du Nord-Kivu. Des déplacements qui rendent difficile le suivi des personnes exposées au virus.
"Notez que Mungbwalu, l’épicentre de l’épidémie actuelle, est une zone minière, rapelle Pierre-Olivier Ngadjole. Chaque jour, il y a des commerçants qui font des déplacements entre le Nord-Kivu et l’Ituri. Ils vont dans la région minière pour vendre des biens et aussi pour acheter de l’or. En même temps, on a aussi des gens qui vont dans le Haut-Uele, des gens qui vont vers Kisangani. Cela montre vraiment ce défi de complexité des mouvements de personnes qui sont à la recherche de la survie, à la recherche du business."
Des contrôles renforcés face aux routes de contournement
Pour le conseiller en santé de Medair, cette mobilité constitue ainsi un obstacle majeur à la maîtrise d e l’épidémie. Il estime nécessaire de renforcer la surveillance aux principaux points d’entrée des grandes villes, tout en reconnaissant les difficultés liées aux nombreux itinéraires empruntés par les populations.
Selon Pierre-Olivier Ngadjole, "l’idéal aurait été, par exemple, qu’on puisse renforcer les mesures de contrôle au niveau des points d’entrée des grandes villes, par exemple. Lorsque les gens quittent Bunia, ils vont vers Beni. Il faudrait qu’il y ait un mécanisme de contrôle renforcé. Mais vous noterez que les gens ont plusieurs passages. Les gens ne suivent plus les routes principales. Ça c’est vraiment un grand défi."