RDC-Monusco : James Swan face au défi de la paix dans l'est
9 avril 2026
En République démocratique du Congo, le nouveau représentant de la Monusco, James Swan, insiste sur le dialogue, l'engagement régional et la mise en œuvre des engagements déjà pris pour résoudre la crise qui déchire ce pays. L'Américain James Swan, qui vient de prendre ses fonctions, est à Kinshasa depuis quelques jours.
Alors que depuis plus d'une année, les rebelles de l'AFC-M23, soutenus par le Rwanda, occupent une bonne partie de l'Est de la RDC, Il se dit déterminé à faire avancer les efforts en faveur de la désescalade et d'une paix durable.
Le gouvernement congolais veut un dialogue basé sur "la vérité"
Sur le terrain, les attentes sont nombreuses. Alors que le patron de la Monusco souligne qu'il n'existe pas de solution uniquement militaire à la crise actuelle en RDC, les autorités congolaises rappellent qu'un dialogue ne peut être efficace que s'il repose sur la vérité, la justice et le respect strict de la souveraineté du pays.
"La paix ne peut pas être négociée au détriment de notre intégrité territoriale. Mon courant politique Avance soutient une approche équilibrée. Dialogue oui, mais avec fermeté, face à toute agression étrangère", assure Ghislain Mwanji, président du courant politique Avance, un mouvement affilié à l'UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi.
"Ce que nous attendons de James Swan, ce sont des actes concrets, une implication impartiale, une dénonciation claire et continue des forces déstabilisatrices et un appui réel au rétablissement de l'autorité de l'État congolais.”
L'action militaire remise en cause par l'opposition
Pendant ce temps, les affrontements se poursuivent au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, deux provinces dont les rebelles contrôlent les principales villes, à savoir Goma et Bukavu, ainsi que plusieurs autres localités.
Une priorité donnée à l'action militaire que déplore la coalition de la gauche congolaise, la CGC, de l'opposant Jean-Marc Kabund.
Augustin Bisimwa est un cadre de la CGC. Il estime que l'enlisement du conflit fait aussi les affaires du gouvernement congolais.
"Il y en a qui profitent de la guerre pour s'enrichir et d'autres qui veulent faire tirer cette guerre en longueur pour justifier le fait de ne pas organiser des élections. Nous attendons du patron de la Monusco un travail de fond, visant à convaincre le gouvernement congolais de convoquer très vite ce dialogue inclusif. Lorsqu'on est incapable d'imposer la paix par la voie de la force, il vaut mieux rechercher la paix négociée", affirme-t-il.
Les Etats-Unis, seuls garants de la paix ?
De son côté, la société civile affirme que seuls les États-Unis ont été capables de faire reculer les rebelles du M23. Hypocrate Marume est le président de la société civile du Sud-Kivu et il demande que des discussions sérieuses soient conduites.
"Je me rappelle que lorsque les États-Unis ont ordonné au M23 de se retirer d'Uvira, cela a été fait. Moi, je me demande pourquoi continuer dans les discours de paix. Il y a une crise qui s'est déjà installée et nous estimons, en tant que société civile, que l'heure n'est plus aux discours pour les partenaires qui veulent ramener la paix en RDC. Il est question maintenant de mettre autour d'une table les parties opposées pour qu'elles discutent", dit-t-il.
Le conflit dans l'est de la RDC continue de faire des morts et de jeter des milliers de réfugiés sur les routes, malgré l'accord de paix de Washington, signé entre Kinshasa et Kigali, et l'accord de principe, signé à Doha, entre le gouvernement congolais et la rébellion de l'AFC-M23.