"Tshisekedi veut une présidence à vie" (Néhémie Mwilanya)
8 mai 2026
Néhémie Mwilanya Wilondja était de passage à Bonn, dans les locaux de la DW. Celui qui fut le dernier directeur de cabinet de l'ancien président Joseph Kabila a bien entendu tenu à réagir à ces déclarations du chef de l’État congolais. Il est interrogé par Éric Topona et Nancy Tshimueneka.
Néhémie Mwilanya : Monsieur Félix Tshisekedi n'en était pas à sa première annonce.
Même qu'en 2024, juste quelques mois après son élection, il avait déjà lancé un défi au peuple congolais et à l'opinion internationale en disant : qui peut lui interdire de modifier la Constitution en vigueur sous Joseph Kabila.
DW : En 2016, sous Joseph Kabila, on a connu presque tout ça. On a parlé de la révision de la Constitution, du dialogue national. C'est presque pareil à ce qu'on est en train de connaître aujourd'hui. Quelle est la différence ?
Néhémie Mwilanya : Actuellement, il y a quelqu'un qui vous dit qu'il veut changer la Constitution et avec pour finalité d'avoir un troisième mandat.
DW : Pourtant, l'ancien président Joseph Kabila avait voulu opérer un glissement (report des élections, ndlr) pour se maintenir au pouvoir.
Néhémie Mwilanya : Non, c'est incorrect. Le président Kabila n'a jamais envisagé un glissement.
DW : Il avait toutefois des velléités…
Néhémie Mwilanya : Je parlerai des velléités ou des velléités invisibles ici, il n'y a pas d'ambiguïté.
DW : Le président Tshisekedi, au cours de sa conférence de presse récemment, a également lié la tenue de la présidentielle de 2028 à la résolution du conflit qui sévit dans l'est de la RDC. Il a même pris en exemple l'Ukraine, qui est en conflit depuis de nombreuses années. Est-ce qu'il n'a pas raison ?
Néhémie Mwilanya : Vous connaissez le contexte dans lequel se déroule le conflit russo-ukrainien.
DW : Plusieurs cadres de l'ancien parti au pouvoir, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) seraient détenus à Kinshasa selon les proches de certains responsables du parti. Quelle analyse pouvez-vous faire de cette situation politique ?
Néhémie Mwilanya : C'est clair que c'est une restriction incroyable de l'espace politique. Je pense que ceci explique cela. Vous comprenez pourquoi il a mis la pression sur l'opposition et particulièrement sur la famille politique du président Kabila. Je rappelle que le PPRD a fait partie des formations politiques suspendues et qu'il y a eu des jeunes qui avaient été aussi arrêtés.