1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

RDC : une semaine tendue en perspective

Emmanuel Kuzamba
20 juillet 2026

En RDC en dépit de l’appel au dialogue du président Félix Tshisekedi, l’opposition compte manifester mercredi contre le projet de réforme de la Constitution.

 Kinshasa | des manifestants dans les rues de Kinshasa
A quelques jours d'une manifestation de l'opposition, le climat reste très tendu en RDCImage : Bashi Wendy/DW

Une coalition d'opposition veut marcher le mercredi 22 juillet prochain pour protester contre un projet de révision de la Constitution. Pourtant, vendredi dernier, le président Félix Tshisekedi a acté la tenue d'un dialogue national inclusif.

Un geste censé désamorcer la crise politique engendrée par ce projet constitutionnel défendu par le camp au pouvoir. Pour l'opposition, si ce projet va jusqu'au bout, le président Tshisekedi pourrait en profiter pour s'autoriser un troisième mandat.

Malgré les appels au calme des chefs religieux, la coalition de l'opposition "Article 64" maintient, pour l'instant, son mot d'ordre de marche sur toute l'étendue du pays pour s'opposer à toute révision constitutionnelle.Entre logique de dialogue et épreuve de force dans la rue, les avis divergent.

L'opposition maintien sa manifestation

Malgré l'acceptation d'un dialogue national par le président Félix Tshisekedi, l'opposition ne désarme pas. Le chef de l'Etat congolais a fait part de son intention lors d'une rencontre vendredi avec les représentants des principales confessions religieuses de la RDC.

Dans la foulée de cette annonce, une séance de concertation s'est tenue entre le cardinal Fridolin Ambongo, représentant de l'Eglise catholique et la coalition Article 64. Celle-ci salue une avancée, mais dit maintenir sa marche prévue mercredi, estimant que des actes concrets restent attendus.

Prince Epenge, porte-parole de la coalition Article 64 estime que les annonces du chef de l'État sont insuffisantes.

Pour lui "il faut qu'il y ait des gestes forts de la part de Monsieur Félix Tshisekedi". Il estime que jusqu'à présent, "notre frère Monsieur Tshisekedi tient toujours à tripatouiller la Constitution, à la charcuter afin de s'octroyer 20 ou 25 ans de pouvoir. Ça, nous ne céderons pas à ça. Là, il n'y a rien qui puisse nous faire reculer."

L'opposition compte bien manifester mercrediImage : Jean Noel Ba-Mweze/DW

Le pouvoir, lui, dénonce, une provocation. "Nous allons juste dire à la population qui est clairvoyante, de barrer la route à cette opposition médiocre" explique Adolphe Amisi Makutano, cadre de l'UDPS, le parti socialiste au pouvoir.

Selon lui "le président de la République a réaffirmé une fois de plus qu'il était un homme de paix, il voulait avoir une rencontre ou un dialogue où les congolais vont se retrouver mais malheureusement, nous avons des gens qui sont au service des ennemis. Mais bien entendu, nous ne pensons pas pouvoir leur laisser le terrain pour qu'ils puissent s'adonner à leur sale besogne."

Il y a un peu plus de cinq semaines, un rassemblement de l'opposition à Kinshasa a été réprimé. Des opposants ont été blessés lors d'affrontements avec des militants pro-gouvernement et la police. Les Nations-unies ont condamné la mort d'"au moins un manifestant".

Ce que disent les jeunes

A Kinshasa, des jeunes que nous avons rencontrés expriment des avis partagés. Certains estiment que l'urgence est désormais à la préparation du cadre de déroulement du dialogue annoncé par le chef de l'Etat.

"Déjà, du fait que le président de la République est d'accord, tout à fait d'accord avec le dialogue, je pense que pour l'instant, on pourrait d'abord supprimer ou annuler la journée du mercredi 22 juillet. Puisque nous partons déjà au dialogue. Là, il faudrait maintenant réfléchir sur les propositions à soumettre au parti au pouvoir, quoi leur dire, quel sera notre cahier de charge" assure un jeune.

Pour un autre "le maintien de la marche traduit la volonté de l'opposition de maintenir la pression sur le pouvoir. Malgré son ouverture au dialogue. Toutefois, le dialogue reste à mon avis la meilleure voix pour éviter les tensions et trouver des solutions pacifiques."

La médiation entre le pouvoir et l'opposition est assurée par l'Eglise catholique et l'Eglise du Christ au Congo. L'objectif est d'obtenir un compromis avant la journée de mercredi.

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW