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RDC : quand la tradition devient une violence

27 août 2026

En RDC, des filles et des femmes subissent encore l’excision au nom de la tradition. Des victimes témoignent de graves conséquences, tandis que les associations alertent sur l’ampleur du phénomène.

Kenya Narok 2024 | Une communauté lutte contre les mutilations génitales féminines
Les mutilations génitales imposées au nom de la culture conduisent à de lourdes conséquences physiques et psychologiques.Image : Tony Karumba/AFP

 

Dans certaines régions de la République démocratique du Congo, des filles et des femmes sont confrontées à des pratiques traditionnelles qui portent atteinte à leur intégrité physique et à leur dignité. 

Excision, étirement des petites lèvres et autres mutilations génitales imposées au nom de la culture conduisent à de lourdes conséquences physiques et psychologiques.

Des séquelles pour toute la vie

Dans la province du Nord-Kivu, des organisations de la société civile disent avoir identifié plusieurs cas d’excision, notamment dans les zones de santé de Vuhovi, Biena, Alimbongo, Musienene, Butembo et Katwa.  

« On m’avait forcée, puis coupé les organes génitaux. J’ai souffert d’infections pendant plusieurs mois. J’ai utilisé différents traitements qui ne m’ont pas guérie. J’ai vraiment souffert avant de rencontrer Amani humanitarian qui m’a aidée. Ici, au Nord-Kivu, nous souffrons de ces pratiques imposées par les familles, au nom de la culture. Il y a même des morts », témoigne anonymement une victime. 

Une autre victime évoque, elle, des conséquences irréversibles

« Nous avons eu des problèmes très sérieux. Des plaies qui nous ont fait souffrir et dont nous continuons à souffrir jusqu’à présent. Nous avons même honte de nous appeler femmes, car nous ne savons plus si un jour, nous ferons encore des enfants. A l’hôpital, on nous avait parlé de ce risque de ne plus mettre au monde », regrette-t-elle. 

Au Nord-Kivu, nombreuses sont les femmes brisées par l’excision.Une tradition qui laisse des blessures durables.Image : UNICEF/Holt/dpa/picture alliance

Des victimes encore dans l’ombre 

Amani humanitarian, une alliance d’organisations de lutte contre les violences basées sur le genre, affirme avoir accompagné, l’an dernier, près d’une centaine de victimes. Cette année, une vingtaine seulement sont suivies, faute de financement. Pour Idriss Kamis, coordonnateur des projets de l’alliance, ces chiffres ne reflètent pas toute l’ampleur du phénomène. 

« D’autres situations ont été identifiées au sein de la communauté, tandis que certaines peuvent encore ne pas être signalées ou identifiées. Lorsqu’un cas est signalé, nous accordons la priorité à la protection, à la confidentialité et à la dignité de la victime. Nous travaillons avec les familles, avec les leaders communautaires, afin de sensibiliser sur les conséquences de l’excision, les droits des filles et la prévention des violences basées sur les genres », explique-t-il.

 Ces rites qui menacent l’intégrité des filles

Dans la province du Maniema, l’excision et l’étirement des petites lèvres sont également évoqués dans certains rites traditionnels, même si la pratique n’est pas généralisée. 

« Dans le cas de la défense des droits humains, c’est toujours la sensibilisation de ces communautés sur les droits des filles, pour leur montrer aussi les conséquences de ces pratiques néfastes et la nécessité de protéger leur intégrité physique. Nous encourageons l’implication des parents, des leaders communautaires, des autorités locales dans les préventions. Ils doivent éviter ces pratiques-là », précise Nelson Akilimali, dont l’organisation Women for Sustainable Development sensibilise sur ces pratiques.  

Des pratiques qui, au-delà de la tradition, soulèvent donc la question de la protection des filles et du respect de leur intégrité physique. 
 

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