RDC : des résolutions pour mieux lutter contre les ADF
26 février 2026
Pendant trois jours, les autorités politiques et militaires de la RDC et de l'Ouganda, mais aussi les acteurs locaux et les représentants de la Monusco, la mission militaire de l'Onu, ont cherché à comprendre pourquoi cette rébellion persiste, malgré les opérations militaires menées contre elle depuis plus de dix ans.
Les autorités de la province du Nord-Kivu ont voulu susciter un engagement global face à la menace de la rébellion d'origine ougandaise, affiliée à l'Etat islamique depuis 2017.
Faire de la question des ADF une priorité
Janvier Kasairio est venu d'Oicha pour prendre part à ces assises. Sa ville, située à seulement trente kilomètres au nord de Beni, a plusieurs fois été attaquée par les rebelles.
Janvier a perdu plusieurs membres de sa famille lors d'attaques et il n'accède plus à son champ en raison de l'insécurité. Il a ainsi recommandé que la question des ADF soit placée parmi les priorités nationales.
"Le pays doit mobiliser des moyens pour cette question. De la manière dont il se mobilise contre le M23, on aimerait voir une même mobilisation dans la région. Nous n'avons pas de travail en ville" assure-t-il.
Selon Janvier "le plus urgent, c'est de nous ramener dans nos champs, de nous sécuriser dans nos champs et de nous assurer que les ADF n'ont plus de capacité pour nous atteindre."
Ce forum pour la paix a été une occasion pour les habitants de Beni de discuter avec les autorités et de chercher des réponses à leurs inquiétudes.
Régine Okando, une habitante de Beni, plaide pour le renforcement de la capacité opérationnelle des armées ougandaise et congolaise, engagées dans la lutte contre les ADF depuis 2021.
"On a cru que deux armées, faisant des missions conjointes, devraient répondre à ces menaces" explique Régine qui regrette que malheureusement, "elles n'arrivent pas à éliminer les ADF."
Selon elle, "il faudrait adapter les techniques de combat aux techniques de lutte contre le terrorisme. L'armée doit être préparée tout le temps, l'armée doit surprendre aussi l'ennemi et ne pas seulement attendre que la population soit attaquée". C'est ainsi, à en croire Régine que "l'armée peut aussi intervenir."
Des résolutions pour ramener la paix
Selon les chiffres du Cepadho, le Centre d'étude pour la promotion de la paix et les droits de l'homme, révélés pendant la conférence, les rebelles des Forces démocratiques alliées auraient tué au moins 12 750 civils depuis 2014.
Omar Kavota, du Cepadho, espère que les résolutions prises vont aider à ramener la paix dans l'est."La population doit faire sa part en fragilisant le réseau de recrutement local et arriver à couper le circuit de ravitaillement de l'ennemi. Cela nécessite que des membres des communautés soient sensibilisés à ne pas porter allégeance à l'ennemi"estime Omar Kavota.
"Nous avons émis le vœu d’avoir une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme et comme la menace est régionale" dit-il par ailleurs, tout en assurant qu'il faut "favoriser la collaboration internationale et couper les circuits économiques qui peuvent contribuer à alimenter les ADF."
Outre ces résolutions, les 500 délégués issus de la population, des autorités congolaises et ougandaises, ainsi que de la Monusco, ont également décidé de mettre en place une task force de lutte contre le terrorisme, d'instaurer un mécanisme communautaire d'alerte précoce, de renforcer le contrôle aux frontières et l'échange d'informations entre la RDC et l'Ouganda.
Les participants ont aussi plaidé pour le redéploiement des casques bleu de la Monusco dans le territoire de Lubero, dans l'est du pays, où les ADF ont concentré leurs attaques depuis janvier 2026.