Dans l'est de la RDC, les armes se font à nouveau entendre
25 février 2026
Les combats se sont intensifiés, ce mercredi (25.02.2026), dans le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, située dans l'est de la République démocratique du Congo. Ces affrontements font suite à une attaque de drones, conduite mardi par l'armée congolaise sur la cité minière de Rubaya et qui a causé la mort de Willy Ngoma, le porte-parole militaire de la coalition rebelle AFC-M23.
Celle-ci dénonce une offensive généralisée de Kinshasa et ses unités ont contre-attaqué, ce mercredi, pour tenter de reprendre le village de Kazinga, passé le même jour sous le contrôle des wazalendo, la milice pro gouvernementale.
A ce stade, seule la mort de Willy Ngoma semble confirmée. En revanche, l'incertitude se demeure concernant le sort du général Sultani Makenga, coordonnateur militaire de l'AFC-M23.
Rubaya, une ville stratégique
La frappe menée, mardi, par l'armée congolaise intervient trois semaines après que les rebelles ont tenté d'attaquer avec des drones l'aéroport de Kisangani.
Pour Henri-Pacifique Mayala, de l'Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, il est encore difficile de préciser quel est le type de drone qui a frappé la localité de Rubaya.
"C'est encore un peu complexe concernant le type de drone utilisé. Aujourd'hui, nous savons que selon le modèle, plusieurs mécanismes de déclenchement sont possibles, par exemple par catapulte, ce qui ne nécessite pas d'infrastructure ou une piste bien aménagée" explique à la DW l'expert.
Le réseau téléphonique et internet sont actuellement coupés dans la cité minière de Rubaya, laquelle est d'une importance stratégique essentielle, en raison de l'une des plus importantes mines de coltan au monde.
Selon Josaphat Musamba, doctorant à l'université de Gand, en Belgique "c'est un centre où circule de l'argent et des biens entre les sites miniers, entre le centre de Rubaya et des villages comme Matanda, Mema et la ville de Goma."
Il précise par ailleurs que "Rubaya, c'est un centre qui s'urbanise. Si les FARDC visent ces zones, les miliciens hutus de la Pareco (la Coalition des patriotes résistants congolais, ndlr) y sont également présents."
La Pareco est une milice maï-maï, créée en 2007, et qui s'est opposée, dès cette époque, au CNDP, l'ancêtre du M23.
Un cessez-le-feu au point mort
Ce n'est pas la première fois que les rebelles subissent de telles pertes dans des circonstances similaires. Le 19 février 2025, à Fizi, dans le Sud-Kivu, des drones de l'armée congolaise avaient causé la mort de Michel Rukundo, mieux connu sous le surnom de Makanika, le chef de Twiraneho, une milice alliée à l'AFC-M23.
Les nouvelles frappes interviennent alors que le cessez-le-feu proposé par le président angolais, Joao Lourenço, devait entrer en vigueur le 18 février dernier. L'armée congolaise et les rebelles de l'AFC-M23 ne cessent de s'accuser de violation de ce cessez-le-feu.