Goma : la fermeture de la frontière fragilise l’économie
2 juin 2026
La fermeture des points de passage frontaliers entre Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), et Gisenyi, au Rwanda, continue de susciter de vives inquiétudes parmi les habitants. Commerçants, vendeurs ambulants et économistes constatent déjà les effets négatifs de cette mesure sur l'activité économique locale.
Le Rwanda a instauré plusieurs mesures visant à réduire au maximum les risques de propagation de la maladie (Ebola), notamment la fermeture des frontières avec la RDC. Et des contrôles sanitaires renforcés ont été déployés à tous les points d’entrée du pays.
Les petits commerçants durement touchés
Jacques Safari, vendeur ambulant d'œufs installé depuis plusieurs années près de la frontière de Goma, fait partie des nombreux commerçants dont les revenus ont fortement chuté depuis la fermeture des postes frontaliers.
Selon lui, la baisse de fréquentation a considérablement réduit ses ventes. Alors qu'il écoulait auparavant jusqu'à cinq plaquettes d'œufs par jour, il peine aujourd'hui à en vendre deux. Il attribue cette situation à la disparition d'une grande partie de sa clientèle, composée essentiellement de voyageurs traversant régulièrement la frontière.
"Cela s'explique principalement par la situation socio-économique difficile provoquée par la fermeture de la frontière, car la majorité de nos clients étaient des voyageurs", a-t-il déclaré.
Des difficultés d'approvisionnement pour les grossistes
La fermeture de la frontière affecte également les grossistes en produits manufacturés. Au marché de Birere, plusieurs commerçants dénoncent les obstacles croissants à leur approvisionnement.
Hamuli Kasilembo, grossiste dans ce marché, explique que les échanges avec le Rwanda permettaient autrefois un ravitaillement rapide et régulier. Désormais, les commerçants font face à des difficultés logistiques, mais aussi à une baisse de la demande. Selon lui, la circulation de l'argent s'est fortement ralentie, rendant les transactions plus rares et plus compliquées.
Un impact économique prévisible selon les experts
Pour les économistes, les conséquences de cette fermeture étaient prévisibles. Alphonse Muanda souligne que les échanges quotidiens entre Goma et Gisenyi constituent un pilier essentiel de l'économie locale des deux villes.
Il rappelle que de nombreux petits commerçants dépendent directement du commerce transfrontalier pour assurer leurs revenus quotidiens. Plusieurs d'entre eux se rendaient régulièrement à Gisenyi pour s'approvisionner en produits de consommation courante tels que le riz, le savon ou d'autres marchandises vendues en gros.
"Lorsque les autorités rwandaises ferment la frontière, ce sont principalement les petits commerçants qui en subissent les conséquences. Beaucoup vivaient de leurs revenus quotidiens et dépendaient directement des échanges transfrontaliers."
Pour rappel, les autorités rwandaises avaient décidé de fermer la frontière pour des raisons sanitaires, dans le but de limiter la propagation du virus Ebola. Alors que cette mesure reste toujours en vigueur, de nombreux habitants de Goma redoutent une aggravation de la précarité sociale et économique dans les semaines à venir.