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Société civile en RDC : sans dialogue, pas de référendum

11 août 2026

En RDC, la société civile appelle à suspendre le processus et à privilégier un dialogue national inclusif pour préserver la cohésion du pays.

République démocratique du Congo | Scènes de la vie quotidienne à Goma trois mois après la prise de contrôle par le M23 (photo d’illustration)
Pour la sociéte civile, sa démarche procède d’un devoir de responsabilité citoyenne (photo d’illustration)Image : Zanem Zaidi/DW

A Kinshasa, ce 10 août, un mémorandum porté par plusieurs organisations de la société civile a relancé le débat sur les priorités nationales en RDC. Au-delà des questions institutionnelles, ses signataires plaident pour un dialogue national véritablement inclusif, afin de répondre aux défis sécuritaires, humanitaires, économiques et politiques auxquels le pays est confronté.  Pour en parler, la DW reçoit Danny Singoma, coordinateur du Cadre national de concertation de la société civile. Avec lui, nous revenons sur les motivations de cette démarche, les attentes de la société civile et les perspectives d’un consensus national au service de la paix et de la stabilité du pays.

DW : Les organisations de la société civile ont récemment publié un mémorandum. Quelles sont aujourd'hui leurs principales préoccupations ?

Danny Singoma : Les organisations de la société civile sont très inquiètes de la démarche actuellement engagée par le pouvoir, qui semble vouloir passer en force afin d'accorder un nouveau mandat au président. Cette situation risque, et commence déjà, à fragiliser la cohésion nationale. C'est pourquoi nous interpellons le président de la République afin qu'il prenne ses responsabilités pour préserver cette cohésion et permettre au pays d'avancer sereinement vers sa refondation. Cette refondation ne peut se faire sans prendre en compte le point de vue de la société civile ainsi que celui de l'ensemble de la population. À travers ce mémorandum, les organisations signataires réitèrent leur appel à un dialogue national inclusif. Elles estiment également que la cohésion nationale passe notamment par la suspension du processus d'adoption de la loi sur le référendum.

DW : Vous évoquez la nécessité d'un dialogue national inclusif. Que signifie concrètement cette notion d'inclusivité ? La plateforme AFC-M23 en ferait-elle partie ?

Danny Singoma : À ce stade, la société civile ne s'est pas encore prononcée officiellement sur cette question. Il faut rappeler qu'il existe plusieurs sensibilités et courants en son sein. Ce qui nous rassemble aujourd'hui, c'est l'idée largement partagée qu'un dialogue national inclusif est nécessaire. Toutefois, les contours précis de cette inclusivité restent à définir. Cela exige encore un important travail de convergence entre les différentes composantes de la société civile congolaise. Nous œuvrons justement à construire ce consensus afin que la société civile puisse élaborer son propre cahier de charges, tout en respectant sa diversité et son pluralisme.

DW: Selon vous, quels leviers la société civile peut-elle utiliser pour empêcher l'organisation de ce référendum ?

Danny Singoma: La société civile constitue une force considérable. Elle regroupe des milliers d'associations et des milliers de citoyens à travers tout le pays. Notre rôle consiste à les mobiliser et à renforcer la sensibilisation, car les opinions demeurent aujourd'hui partagées. Nous travaillons avec nos partenaires et nos membres sur toute l'étendue du territoire afin qu'ils puissent se préparer et exiger le blocage de ce processus référendaire. Notre position est claire : avant toute initiative référendaire, il est indispensable d'organiser un dialogue national. C'est aujourd'hui la priorité pour garantir la stabilité et la cohésion du pays.

DW : Et si le référendum venait malgré tout à être organisé avant ce dialogue ?

Danny Singoma: La politique a ses propres logiques, mais nous, en tant que société civile, n'allons pas désarmer. Comme je l'ai indiqué, nous poursuivrons nos efforts pour rapprocher les points de vue des différentes organisations de la société civile. Notre objectif demeure de construire une position commune et de continuer à défendre la nécessité d'un dialogue inclusif comme préalable à toute évolution institutionnelle majeure.

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