RDC : transfert de 15 personnes vers l’AFC/M23
7 août 2026
En République démocratique du Congo, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a facilité, du 6 au 7 août 2026, le transport et la remise de 15 personnes libérées par les autorités congolaises au groupe rebelle AFC/M23.
Agissant en qualité d’intermédiaire neutre dans le cadre du mécanisme de Doha, le CICR a assuré leur transport depuis Beni, via l’Ouganda, jusqu’au territoire de Rutshuru, où ces personnes ont été remises au mouvement. Cette opération s’inscrit dans le cadre des mesures de confiance prévues par le processus de Doha.
En mai 2025, le CICR avait déjà accompagné, à la demande du gouvernement congolais, de l’AFC/M23 et de la Monusco, la libération d'environ 1 350 personnes, essentiellement des soldats et policiers congolais faits prisonniers par l’AFC/M23, lors dela chute de la ville de Goma.
Le nombre exact de détenus liés à l'AFC/M23, détenus par les autorités congolaises, n'est pas officiellement connu. Le mouvement rebelle réclame depuis plusieurs mois davantage de transparence sur leur nombre et sur leur situation.
Cette opération de transport et remise de prisonniers illustre le rôle du CICR comme intermédiaire humanitaire neutre.
Interview avec Stephanie Eller, cheffe des opérations du CICR en RDC
DW: Cette opération peut-elle être considérée comme un test pour les prochaines opérations à venir ?
Stephanie Eller : En effet, cette opération était particulièrement complexe au vu des défis logistiques, sécuritaires et sanitaires, notamment en lien avec l'épidémie d'Ebola. Ce test démontre que l'opération est faisable malgré tous ces défis. Il confirme également que le CICR a la capacité de mettre en œuvre le mandat qui lui a été confié par les parties.
Nous avons pu atténuer ces difficultés, notamment en traversant à deux reprises desfrontières internationales afin de garantir la viabilité de l'opération. Il est aussi important de préciser que notre rôle, en tant qu'intermédiaire neutre, est d'accompagner les parties dans la mise en œuvre des accords qu'elles ont conclus entre elles. Bien entendu, ces accords impliquent des enjeux politiques délicats, ce qui a forcément un impact sur le calendrier de mise en œuvre des opérations. Le reste dépend désormais de la volonté et de l'engagement des parties. L'organisation des opérations suivantes reposera sur les accordsqu'elles parviendront à conclure.
DW : Quel impact cette opération peut-elle avoir pour les familles séparées de leurs proches depuis parfois plusieurs mois ?
Stepanie Eller : C'est avant tout un impact profondément humain. Ces quinze personnes ont été détenues, parfois sans possibilité de voir leur famille. On peut donc à peine imaginer la joie et le soulagement qu'elles ressentent à l'idée de retrouver leur liberté. Ce sont avant tout ces considérations humaines qui motivent nos efforts pour nous assurer de mener à bien ce type d'opérations.
DW: Quelles sont les garanties que le CICR obtient des parties pour assurer la sécurité et le consentement des personnes concernées lors de ce type d'opération ?
Stephanie Eller : Les garanties sécuritaires sont un élément indispensable à l'engagement du CICR. Il s'agit autant de la sécurité des personnes libérées, qui sont sous notre responsabilité pendant l'opération, que de celle de notre propre personnel. Les parties concernées s'y engagent explicitement. C'est notamment le cas à travers des dispositions très claires inscrites dans les protocoles d'accord signés entre le CICR et chacune des parties ayant permis cette opération. Il est également important de mentionner le consentement des personnes libérées. Lorsque nous les visitons et les enregistrons, nous nous assurons qu'elles donnent un accord éclairé sur leur volonté de participer à l'opération. C'est uniquement après avoir obtenu leur consentement que le CICR les intègre dans l'opération.