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Uvira : une ville qui tourne au ralenti

15 décembre 2025

Depuis la prise d'Uvira, dans le Sud-Kivu, par les rebelles de l'AFC/M23, la vie quotidienne reprend lentement.

Uvira 2025 | scène de rue à Uvira
La vie quotienne reprend lentement à UviraImage : AFP

Boutiques fermées, circulation réduite, population prudente, la grande ville frontalière du Burundi tente de reprendre son souffle, au lendemain d'un tournant majeur du conflit dans l'est de la République démocratique du Congo. En effet, après Goma en janvier et Bukavu en février, la chute d'Uvira permet désormais au M23 de contrôler la frontière terrestre entre la RDC et le Burundi. Sur place, habitants et déplacés tentent de s'adapter à une nouvelle réalité, entre incertitudes, retour progressif à la normale et attente d'instructions.

Un tournant brutal

Depuis mardi 10 décembre, date de la prise d'Uvira par les rebelles de l'AFC/M23, la ville tourne au ralenti. La plupart des boutiques sont toujours fermées, la circulation est faible et les habitants se déplacent avec prudence dans les principales artères.Uvira, ville stratégique du Sud-Kivu, frontalière du Burundi, est tombée après une nouvelle offensive du M23 lancée début décembre.

Dans les rues, la population observe, s'adapte, attend. Pour beaucoup, comme J'aime Saidi, c'est un tournant brutal, mais aussi une réalité à laquelle il faut faire face."Vous savez que pendant la guerre, tout le monde se cache. Mais après, comme on dit, après la pluie c'est le beau temps", explique J'aime Saidi.

Selon lui, "personne ne s'attendait à ça. Il y avait beaucoup de rumeurs et de fausses informations, mais aujourd'hui nous vivons la vraie réalité. Nous attendons les instructions et nous sommes tenus de les respecter. L'homme s'adapte toujours aux situations. Ça ne sera pas facile, mais nous avons de l'espoir".

Ecoutez le reportage de Ruth Alonga

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Quand le retour en RDC devient problématique

Avant de tomber entre les mains des rebelles, Uvira accueillait de nombreux déplacés venus des localités de la plaine de la Ruzizi et fuyant les combats. Aujourd'hui, certains d'entre eux prennent le chemin du retour, malgré l'incertitude, pour tenter de reconstruire une nouvelle vie. Shukuru Amani retourne à Sange, mais les membres de sa famille demeurent coincés au Burundi.

"Nous avions fui la guerre. Maintenant que je rentre, je ne sais pas ce que sera demain, mais nous rentrons. Ils ont demandé à tous ceux qui ont fui de retourner chez eux. Nous avons beaucoup perdu et nous avons besoin d'aide", témoigne Shukuru Amani, qui explique aussi que "ceux qui sont partis au Burundi doivent voir comment rentrer. Le retour devient un problème."

Car pendant l'avancée des combats vers Uvira, des milliers de personnes avaient traversé la frontière pour se réfugier au Burundi voisin. Aujourd'hui, nombre d'entre elles souhaitent revenir, mais la frontière burundaise reste fermée pour les Congolais.

Hier, plusieurs centaines de ressortissants burundais bloqués à Uvira ont toutefois pu regagner leur pays, à l'issue de négociations entre les rebelles et l'État burundais, menées par le diocèse catholique d'Uvira. Les Congolais réfugiés au Burundi, eux, attendent toujours l'ouverture de la frontière.

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