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​RDC : les activités tournent au ralenti à Uvira

2 janvier 2026

Deux semaines après l'annonce de retrait des rebelles de l’AFC-M23 d'Uvira, la situation demeure confuse. Des habitants craignent la reprise des affrontements.

Des rebelles de l'AFC/M23 dans les rues d'Uvira (mi-décembre 2025)
Des rebelles de l'AFC/M23 dans les rues d'Uvira (mi-décembre 2025)Image : stringer/Xinhua/picture alliance

Les habitants d'Uvira ne savent toujours pas vraiment qui, des rebelles ou des autorités de Kinshasa, contrôlent la ville. Mais des témoins affirment constater la présence des rebelles et craindre la reprise d’affrontements.

Des citoyens burundais travaillant à Uvira franchissent la frontière vers leur paysImage : Moses Sawasawa/AP Photo/picture alliance

La reprise des activités reste timide dans la ville d’Uvira. Les grands magasins, les grands marchés ne sont pas ouverts et la justice ne fonctionne pas. 

"Nous traversons des  moments difficiles parce que depuis l’arrivée de ces rebelles toutes les grandes maisons qui servaient les paisibles citoyens ont été fermées. Les activités restent toujours paralysées sauf qu’il y a quelques boutiques et des petits marchés qui ont ouvert leurs activités aujourd’hui dans différents quartiers. Les deux grands marchés n’ont pas encore fonctionné suite à la peur qui continue dans la ville d’Uvira" témoigne Kelvin Bwija, membre de la société civile d’Uvira.

Le fonctionnement de la justice affecté

Les explications de Jean-Noël Ba-Mweze

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La justice ne fonctionne pas non plus, car les cours et tribunaux sont fermés. La majeure partie des magistrats et avocats ont fui lors de la prise de la ville par les rebelles le 10 décembre 2025.  Or la ville manquait déjà de juges. Jean Ruvubika, défenseur judiciaire à Uvira, ne sait pas comment et par qui les dossiers judiciaires sont gérés actuellement.

Selon lui, "avant que les M23 arrivent ici à Uvira, il y a ceux-là qui amenaient leurs dossiers chez les Wazalendo. Il y a aussi ceux-là qui consultaient directement les avocats pour qu’il y ait un arrangement à l’amiable. Il y a aussi ceux-là qui préféraient une méthode alternative de règlement des conflits. Maintenant là, jusqu’à présent vraiment je n’ai pas de précision pour vous qui gère les dossiers présentement à Uvira".

Retrait des rebelles non confirmé

Le 17 décembre, les rebelels de l’AFC-M23 ont annoncé son retrait de la ville d’Uvira. Mais le gouvernement de Kinshasa dément cette information. La société civile locale affirme qu’Uvira est toujours sous contrôle des rebelles. La situation affecte également les églises dont les fidèles ne fréquentent plus les cultes comme avant. Ce que regrette ce pasteur qui a requis l’anonymat.

"Les Wazalendo. Nous en tant que leaders, nous de l’Eglise, nous continuons à exhorter les fidèles à garder leur foi, de ne pas être paniqués et de lutter contre la haine​".

Pendant ce temps, des milliers des déplacés affluent ces derniers jours dans la ville, alors que d’autres se dirigent vers Baraka dans le territoire voisin de Fizi. Ils fuient les affrontements entre l’armée loyaliste soutenue par les miliciens Wazalendo et les rebelles de l’AFC-M23 dans les localités environnant Uvira, à moins d’une dizaine de kilomètres.