L'incertitude à Uvira en dépit d'un calme apparent
12 décembre 2025
Le jeudi 11 décembre, les habitants d'Uvira se sont réveillés sous un calme apparent.Plusieurs avenues étaient quasiment désertes. Les habitants ont préféré observer d'abord le niveau de sécurité, bien que certains curieux soient sortis pour voir ce qui se passait dans leur voisinage. Quelques marchés de fortune ont rouvert dans certains des quartiers. Les écoles et plusieurs bureaux sont restés fermés.
Eau et électricité, des priorités
La ville n'a pas d'eau ni d'électricité depuis le début de la semaine. Certaines jeunes femmes sont sorties pour aller puiser l'eau du lac. Les équipes de la régie de distribution d'eau potable, la Régidéso, se sont mises à l'œuvre et l’eau a coulé des robinets du quartier Kilibula.
En attendant le rétablissement du courant électrique, des jeunes gens ont recours aux panneaux solaires pour charger leurs téléphones. Ceux qui ont des groupes électrogènes ne peuvent les allumer pour le moment, selon eux, "pour ne pas effrayer la population déjà traumatisée par les bruits de bottes".
Sur les routes, seuls les véhicules de l'AFC-M23 circulent et des combattants font les tours des différents quartiers afin de sécuriser les habitants.
La question de la sécurité
Des habitants affirment avoir entendu des tirs, jeudi après-midi, dans certains quartiers comme Kavimvira, Kasenga, Kalundu, Kimanga, et sur les collines qui surplombent Uvira.
"Tous les jeunes d'Uvira ne sont pas des wazalendo, il y en a qui n'ont jamais manipulé une arme", rappelle un trentenaire qui a requis l'anonymat.
Le chef d'Etat-major adjoint du M23, le général Bernard Byamungu, est arrivé à Uvira. Il a rassuré la population locale sur le fait que la sécurité est rétablie et a invité les familles ayant fui les affrontements à regagner leurs domiciles.
Il a aussi exhorté les wazalendo, les militaires congolais et les Burundais qui, selon l'AFC/M23, seraient encore dans la ville, à se rendre volontairement.
Le général Byamungu a promis que les Burundais seront escortés vers la frontière de leur pays, sans être inquiétés.
Alors que le Burundi a renforcé son dispositif sécuritaire à la frontière de Gatumba, toujours fermée, le coordonnateur de l'AFC/M23, Corneille Nangaa, a assuré sur son compte X que les événements à Uvira sont une affaire strictement congolaise.Selon lui, son mouvement respecte la souveraineté et l'intégrité territoriale du Burundi.