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Un an après, les habitants de Goma toujours sous le choc

26 janvier 2026

Les rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda ont pris le contrôle de Goma le 27 janvier 2025, installant une administration parallèle dans l’est de la RDC.

Divine, Baruti, Francine et Alice, parmi des milliers d'autres, racontent leurs difficiles expériences de survie. Sans accès à la nourriture, à l'eau potable ou aux médicaments, leur quotidien est une lutte contre la faim et la maladie : dans le camp de Bulengo, les familles déplacées font face à un avenir sombre et incertain (Goma 2025)
Plusieurs centaines de personnes ont été tuées lors de la prise de contrôle de la ville de Goma alors que de nombreux autres ont fui leurs maisons Image : Michael Castofas/WFP

Le 27 janvier 2025, la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo,tombait sous le contrôle du mouvement armé AFC/M23 après de violents affrontements. 

Pour les habitants de Goma, le 27 janvier 2025 reste à jamais gravé dans les mémoires. Dans les heures et les jours qui ont suivi la prise de Goma, le Comité international de la Croix-Rouge a procédé au ramassage de corps dans plusieurs quartiers de la ville, tandis que les activités économiques étaient paralysées et que de nombreuses familles se retrouvaient confinées ou déplacées.  

Un an après ces événements, la population du chef-lieu du Nord-Kivu vit toujours avec les stigmates de cette prise de contrôle : traumatismes, pertes en vies humaines, séparation des familles et précarité économique.

Une année de survie  

C'est le cas de Colette Furaha, 55 ans. Elle se souvient encore du jour où sa vie a basculé. Le jour où le M23 a pris Goma, sa maison n’était plus un refuge, mais un piège. 

"Tout s'est passé brusquement pour nous" (Habitante de Goma)

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"Des militaires étaient venus, ils nous avaient dispersés. Nous ne savions pas où aller. Nous sommes restées ici. Ensuite, les bandits sont entrés par la fenêtre et ont tout pris."  

Pour la majorité des habitants, la chute de la ville a été un choc total.  Personne ne s’y attendait. Goma semblait verrouillée avec la présence de l’armée congolaise, les milices Wazalendo, la Monusco.  

Mais pendant que les rebelles progressaient discrètement au nord, vers Kibumba, les forces gouvernementales concentraient leurs efforts plus à l’ouest, vers SakéLa ville s’est retrouvée encerclée.  

Safi Elisée témoigne : "On ne pouvait pas s’y attendre. On savait qu’il y avait beaucoup d’armes ici : les Wazalendo, les FARDC, la Monusco… Et puis tout s’est arrêté : zéro économie, zéro provision. La guerre éclate, le CICR ramasse des corps, les banques ferment… Tout s'est passé brusquement pour nous. Aujourd’hui, ça fait une année de survie. A vrai dire, on n’a plus vraiment de vie."

Des familles séparées  

Goma était coupée du monde. Sans eau, sans électricité ni connexion internet, la population n’avait d’autre choix que de se rapprocher de la frontière avec le Rwanda, pour pouvoir communiquer avec des proches.

Malgré des médiations internationales, les combats se sont poursuivis dans l’est du pays Image : Andrew Caballero-Reynolds/AFP

Des familles séparées étaient dans la panique. C'est le cas de ce jeune homme de 30 ans, Archimède Teuteu. 

Il raconte sur la DW qu"il y avait la peur. Coincés dans la maison, il fallait se séparer. Moi, j’étais obligé de laisser mes frères à la maison et de partir vers le Rwanda, alors que les combats continuaient. On se posait beaucoup de questions. Sans internet, on ne savait rien" 

"Est-ce qu’ils sont encore vivants ?  Et quand on s’est retrouvés enfin… c’était un sentiment mélangé : la joie, mais aussi la peur." 

 Un an après la prise de Goma par l’AFC/M23, les habitants de Goma doivent encore vivre avec des séquelles psychologiques laissées par les combats. Mais les difficultés liées à l’insécurité urbaine ont sensiblement baissé. Si les activités ont progressivement repris, de nombreux habitants restent confrontés à la précarité et à l’incertitude.  

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